Date du premier email : 06/10/00
Bonjour à tous,
Je viens juste de m'inscrire sur la ML. Je suis auteur, compositeur
inscrit à la SACEM depuis 1996. Je tenais a m'inscrire sur cette mailing
list car comme le signale Deepsound c'est en etant groupe et uni que l'on
pourra mieux faire valoir nos droits.
Certains d'entres vous ont du recevoir la repartition du mois d'octobre.
Parmi vous, certains doivent toucher des droits videographiques provenant de
tirages de videocassettes ou de CD-ROMs d'entreprises. Je pense ne pas etre
le seul a me rendre compte qu'il y avait comme un petit lezard quand j'ai
epluche le resume de la repartition. En effet, je n'etait pas au courant que
la Sacem avait revu a la baisse (et quelle baisse !) les tarifs de droits de
reproduction pour l'audiovisuel d'entreprise. La baisse s'est effectue en
fait sur la majoration qu'il y a suivant le nombre de copie. Maintenant la
majoration maximum est de 200% alors que l'annee derniere elle se montait
jusqu'à 2000% pour les gros tirages. En clair sur un gros tirage on touchait
pas loin de 100 Fr la sec alors que maintenant la remuneration maximum est
de 18 F/sec. C'est comme si votre fiche de paye du jour au lendemain etait
divisé par 5 ! J'ai donc appele M. Laurent BECHAUD, personne qui s'occupe de
l'audiovisuel d'entreprise a la SDRM qui m'a explique qu'en fait ces tarifs
avait ete revus a la baisse car les majorations etaient exorbitantes surtout
en ce qui concerne les CD ROMS où souvent le montant des droits lies a la
musique atteignait des sommes considerables. Les entreprises ont alors fait
pression pour la revision des tarifs.
Cependant il m'a dit qu'il fallait lui adresser un courrier pour lui
expliquer le manque à gagner pour les compositeurs avec ces nouveau tarifs.
Il m'a dit de mettre dans la lettre que je comprenais que les anciens tarifs
n'etaient pas adaptes (ce qui est vrai) mais qu'il y ait un juste milieu
entre 100 F/sec anciennement et les 18 F/sec aujourd'hui. Il m'a certifie
qu'il ferait valoir ces revendications lors des prochains conseils
d'administrations surtout si nous sommes plusieurs a demander la
revalorisation des droits de reproduction de l'audiovisuel d'entreprise.
Donc si vous n'etes pas d'accord avec ces nouveaux tarifs, ecrivez a :
M. Laurent BECHAUD
SACEM/SDRM
16 place de la Fontaine aux Lions
75019 Paris
Ensemble nous pouvons peser dans la balance alors n'hesitez pas, meme si
vous n'etes pas concernes car vous le serez peut etre un jour...
Je vous remercie de m'avoir ecoute
Vive la musique
A bientot
Peter H
Salut à tous !
"Peter H" a écrit :
> Certains d'entres vous ont du recevoir la repartition du mois d'octobre..
> Parmi vous, certains doivent toucher des droits videographiques provenant de
> tirages de videocassettes ou de CD-ROMs d'entreprises. Je pense ne pas etre
> le seul a me rendre compte qu'il y avait comme un petit lezard quand j'ai
> epluche le resume de la repartition. En effet, je n'etait pas au courant que
> la Sacem avait revu a la baisse (et quelle baisse !) les tarifs de droits de
> reproduction pour l'audiovisuel d'entreprise.
> [...]
Il s'est passé exactement la même chose il y a 2 ans sur les tarifs des
'encartés', c'est-à-dire des K7 ou CD vendus en kiosque sous blister, qui
accompagnent des publications presse. La baisse que j'avais constaté était
de l'ordre de 45 %.
Même fonctionnement *intolérable* de la Sacem :
Une 'négociation' unilatérale du conseil d'administration -ou des
commissions-, et surtout, surtout, les premiers concernés, c'est-à-dire les
auteurs, qui ne sont pas tenus au courant du tout !
> Il a juste fallu aux entreprises de dire à la Sacem, soit vous baissez vos
> tarifs soit on prend la musique dans le domaine public. Hé hop! on divise par
> 5 les droits sur les gros tirages...
L'argumentaire de la Sacem est encore plus pervers que ça !!
On m'avait répondu a peu près cela :
"Si nos tarifs Sacem sont trop élevés, les productions feront appel à des
compositeurs affiliés à d'autres sociétés d'auteur -suisse, belge ou
autre-."
En gros, "nous sommes trop chers, baissons nos tarifs sinon nous perdons le
marché !"
Ce qui signifie que la Sacem s'octroie le droit de négocier pour nous nos
tarifs à la baisse sans nous demander notre avis.
Il y a aussi là-dessous une idéologie plus que suspecte :
La Sacem semble considérer qu'un auteur obtient une commande de la part
d'une entreprise uniquement parce qu'il n'est pas cher !!
Comme si Céline Dion ne travaillait avec Goldman que parce qu'il n'est pas
cher !!
Bien à vous
Francois Peyrony
Bonjour
L'état d'esprit qui provoque cette critique de François est noble. Il part de la
base que la création musicale est unique, originale et que chaque auteur a une
griffe reconnaissable un peu comme dans la peinture. De ce point de vue un
auteur serait choisi indépendamment de son prix.
Encore il y a des collectionneurs qui choisiront un Matisse parce que le Van
Gogh proposé est trop cher.
Mais la Sacem ne se trompe pas en invoquant cet argument.
Dans la plupart de cas lorsque c'est le résultât qui compte et non pas la
signature et que plusieurs auteurs son capables de faire un travail de qualité
semblable le prix a une grande influence sur la décision.
C'est aussi la raison pour laquelle on va enregistrer à Prague avec des
musiciens anonymes et non pas à Paris avec l'Orchestre Nationale de l'Île de
France (qui non rien a envier à nos collègues des pays de l'Est... et encore).
C'est clair, si nous somme trop chers nos client iront ailleurs, même si nous
somme les meilleurs ;)
Je pense que au moins pour une fois la Sacem a pensé à la compétitivité de ses
adhérents.
Salut
Litwin
Salut à tous !
J'avais écrit :
>> La Sacem semble considérer qu'un auteur obtient une commande de la part
>> d'une entreprise uniquement parce qu'il n'est pas cher !!
Mario Litwin a répondu :
> L'état d'esprit qui provoque cette critique de François est noble. Il part de
> la base que la création musicale est unique, originale et que chaque auteur a
> une griffe reconnaissable un peu comme dans la peinture. De ce point de vue un
> auteur serait choisi indépendamment de son prix.
L'état d'esprit qui provoque cette réponse de Mario est plutôt étrange. Il
part du principe que tous les auteurs sont interchangeables un peu comme les
jambons sous blister. De ce point de vue un auteur ne serait choisi qu'à
cause de son prix.
> Mais la Sacem ne se trompe pas en invoquant cet argument.
A bin vla aute chose (d'où le titre)
> Dans la plupart de cas lorsque c'est le résultat qui compte et non pas la
> signature et que plusieurs auteurs son capables de faire un travail de qualité
> semblable le prix a une grande influence sur la décision.
C'est n'importe quoi comme argument !
A prix sensiblement égal, c'est évidemment la personnalité de l'auteur, que
ce soit dans sa musique ou dans la vie, qui va faire la différence !
Et si on a envie de travailler avec Machin plutôt que Untel (moins cher),
pour des raisons de style et de sympathie, on demande à Machin de baisser
ses prix !
De toutes façons, c'est, en dernier stade, à Machin, de décider s'il baisse
ses prix ou pas !! C'est l'exercice de *sa* liberté !!
> C'est aussi la raison pour laquelle on va enregistrer à Prague avec des
> musiciens anonymes et non pas à Paris avec l'Orchestre Nationale de l'Île de
> France (qui non rien a envier à nos collègues des pays de l'Est... et encore)
... et c'est la raison pour laquelle on fait des plagiats plutôt que des
créations
... et c'est la raison pour laquelle on fait appel à des compositeurs non
affiliés à des sociétés d'auteur
... et c'est la raison pour laquelle on affrete des poubelles flottantes
sous pavillon de complaisance pour transporter de la m...
... et c'est la raison pour laquelle on fait travailler des enfants en Inde
plutôt que des adultes en Europe
Vous en voulez d'autres, des raisons valables ?
> C'est clair, si nous somme trop chers nos client iront ailleurs, même si nous
> somme les meilleurs ;)
Libre à eux d'avoir moins bien pour moins cher, sans parler de 'moralité'.
Mais ça n'est pas à la Sacem de décider que *je* vaux bien *un autre*
> Je pense que au moins pour une fois la Sacem a pensé à la compétitivité de ses
> adhérents.
Mais enfin ! Ce n'est *absolument pas* ce qu'on lui demande !!
La Sacem n'est ni mon agent, ni mon éditeur, ni mon client, ni mon patron.
Et jusqu'à preuve du contraire, c'est grâce à mon argent qu'elle existe.
Il faudrait vraiment voir à ne pas renverser les rôles
Bien à vous tous
--
Francois Peyrony
Bonjour
Bien entendu je ne me porte pas defenseur de ce type de comportement mercantil
et je suis sur le fond d'accord avec François, mais je peux vous assurer que à
certain niveau c'est souvent ça
Mario
En fait, j'en avais un peu douté, me voilà rassuré
> et je suis sur le fond d'accord avec François, mais je peux vous assurer que à
> certain niveau c'est souvent ça
Oui, hélas. Mais il faut *lutter* contre ça.
Notamment en ne cherchant pas à anticiper le comportement mercantile des
autres, en ne se bradant pas 'a priori', en ne se deniant pas soi-même le
droit d'être autre chose que des 'faiseurs', mais bien en affirmant être des
artistes, des créateurs uniques.
Il n'y a pas à avoir de modestie ni d'orgueil mal placés. Parce que,
justement, c'est là où nous sommes les plus fragiles, sur notre place au
sein de la société.
Le libéralisme voudrait nous effacer en tant qu'individu, pour ne faire que
des masses de consommateurs.
Bien à vous tous
Francois Peyrony
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