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93 -La "copie privée" à l'ère du numérique et d'Internet. Piratage et droit d'auteur. Morale et ethique. Les majors. Napster.
Date du premier email : 09/09/00

Salut a tous, Quelques infos sur les premices d'une mise en place de mesures quant a la copie privee numerique.... et quelques reflexions de ma part en bas de ce mail... Petit article tiré de "la lettre de SVM" d'hier. /........ Enregistrement numerique LE NUMERIQUE BOULEVERSE LA REDEVANCE SUR LA COPIE Alors qu'en Allemagne le gouvernement projette d'instaurer une taxe sur les equipements informatiques, en France des discussions sont en cours pour adapter la redevance sur la copie privee aux supports numeriques. Aujourd'hui, en effet, audio et video peuvent cohabiter sur des supports pas seulement amovibles. Demain les CD data seront concernes tout comme le sont les CD audio aujourd'hui. Le gouvernement allemand envisage d'introduire une taxe sur certains equipements informatiques dans le but de mieux proteger la propriete intellectuelle. C'est l'AFP qui l'annonce, citant le quotidien Berliner Zeitung. Les professionnels s'en inquietent car ils souffriraient de l'augmentation des prix qui en decoulerait. Les produits concernes vont des CD aux imprimantes, disques durs et meme modems. En France, quand on achete un minidisc, on verse deja une redevance pour la copie privee, tout comme a l'achat d'une cassette, mais pas encore pour les supports informatiques (voir edition du 6 decembre 1999). En effet, une partie du prix des supports d'enregistrement de sons ou d'images correspond a un montant reverse par les fabricants a la Sorecop et Copie France, charges de collecter la redevance sur les sons pour la premiere et sur l'audiovisuel pour l'autre. Seulement avec l'arrivee du numerique, la distinction n'a plus lieu d'etre. Plus simplement on peut tout aussi bien enregistrer de la video que du son sur un CD vierge. Voici deja un premier probleme. Le second vient du mode de calcul de la redevance. Actuellement, il est base sur un montant par heure etabli en fonction du support. Or, combien d'heures de musique va-t-on compter pour un CD vierge, quel format de fichier va etre pris comme reference : le Wave, ou le MP3 qui permet de stocker pratiquement 10 fois plus de chansons sur un meme disque ? Enfin quelle distinction sera operee entre les supports amovibles et ceux qui ne le sont pas ? Les questions soulevees sont complexes. Une commission independante mise en place par le ministere de la Culture reflechit sur la question. Rien ne filtre sur la teneur des debats. Selon le ministere, les discussions avancent entre les producteurs, les industriels, leurs syndicats et les organismes charges de collecter les redevances. 'Les discussions devraient aboutir avant la fin de l'annee', assure le ministere. Le prix des differents supports pourraient alors augmenter de maniere significative... Frederic Vladyslav Pour en savoir plus : www.sacem.fr/percevoir/copie.html ...... / Article tiré de http://www.techmag.net /..... Alors qu'en Californie une taxation sur le commerce electronique pointe son nez, en Europe, l'Allemagne songe à la creation d'un "impôt Internet". Le but affiché de cette taxe serait de mieux rémunérer les auteurs, allemands, d'oeuvres diffusées sur le réseaux selon le journal Berliner Zeitung. Le projet prevoit la levée d'une taxe sur l'achat d'un appareil : imprimante, modem, PC, graveur proportionnel à la puissance de la machine. La taxation serait similaire à celle existant déjà outre-rhin sur les fax, machines à écrire, gramophones enregistreurs ... c'est à dire inclue sur le prix d'achat, en plus de la TVA. Même si le matériel est peu cher par rapport à d'autres pays, autant dire que nombre d'allemands seront tentés d'aller acheter faire leurs emplettes ailleurs en Europe, par correspondance notamment : c'est une augmentation allant jusqu'à 30 %, selon les constructeurs, qui pourrait les attendre. Source : Reuters (Berlin) 07/09/2000 Arnaud Fouquaut ...... / Je voudrais juste rajouter ( moi JC ;-) qu'il y a souvent confusion sur ce qu'est la copie privée, originellement. D'abord il ne faut pas confondre avec "la copie de sauvegarde" qui ne s'applique qu'aux logiciels et pas a la musique. La copie privée ( sur les supports anamogiques : K7 video et audio) n'est pas la pour contrebalancer la piraterie. Voici ce qu'en dit le Code de la Propriete Intellectuelle : Article L. 122-5. Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : 1° Les représentations privées et gratuites effectuées exclusivement dans un cercle de famille ; 2° Les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou reproductions d'une base de données électronique ...... etc ..../ Dans tous les cas, pour que cette copie privée rentre dans le cadre de la loi ci-dessus, il faut que les droits d'auteurs et voisins aient été acquittés. Soit par l'individu (j'achete un CD et le copie sur K7 pour pouvoir l'ecouter dans ma voiture) soit par le diffuseur ( j'ecoute la radio et enregistre sur une K7 audio un titre qui passe). Emprunter un CD a un ami et le copier, fait de vous un "pirate", constitue une contrefacon, délit pénal punit de deux années d'emprisonnement et de 1 000 000 de francs d'amende !! Idem pour un emprunt a la bibliotheque, etc.... En ce qui concerne Internet beaucoup de problemes se posent. A priori, on pourrait appliquer ce même droit de copie privée aux sites Web qui se seraient acquittés des droits aux auteurs ou société gerant les droits des auteurs et autres ayant-droits, et ainsi télécharger des mp3 de ces sites. Le probleme fondamental tiens a la mondialisation du processus et au fait que les legislations ne sont evidemment pas uniformisées dans le monde. En plus, comment savoir ou verifier, pour l'internaute, que ces droits ont bien été payés par le diffuseur, par le site ? Dernier gros probleme, le fait qu'il ne s'agit plus maintenant de copie privé "analogique" (avec perte de qualité sonore) localisée mais de copie, de clonage "numerique", a l'echelle mondiale. Ce n'est plus "RTL" qui diffuse un titre sur la France et que quelques milliers d'auditeurs peuvent copier sur K7 avec une qualité moindre, mais un site mondial qui permet le clonage a l'identique d'une oeuvre, a des millions d'internautes !!! On voit bien la que même si le site a payé les droits d'auteurs, cela pose un probleme evident. Ou alors il faut que le site paye, non plus forfaitairement, mais au telechargement, etablir une redevance proportionnelle au nombre de telechargements .... Mais comment instituer une telle regle et la faire appliquer quand il s'agit de centaines de milliers de sites, alors que la SACEM arrive a peine, apres des années, a recuperer les droits sur une centaine de chaine TV cablées ( et de toutes façon toujours forfaitairement et pas au "programme" ) ??? Une autre solution pour le legislateur consiterait a detacher le numerique du concept de copie privée, et faire la distinction avec copie privée analogique. Voir egalement a ce sujet : www.techmag.net/article.php3?id=37 Toujours est-il que je continue a penser que les gouvernements successifs en France tardent vraiment a se preoccuper du probleme, et manquent cruellement de "vision" a ce sujet, car il va constituer certainement un des probleme majeurs de la société a court ou moyen terme. Et qu'au lieu, par exemple, de supprimer la vignette automobile, ce qui n'a aucun sens "strategique" si ce n'est celui de la demagogie, on aurait eu beaucoup a gagner de la baisse d'une TVA sur le disque, et le rendre ainsi moins cher et plus accessible ! Car je vois mal les jeunes generations (et les futures) qui n'auront connu que ce choix : acheter un CD 150 balles ou le telecharger gratuitement sur le Net, tergiverser bien longtemps. Idem pour les majors : qu'elles commencent a baisser leurs marges au lieu de se plaindre de la piraterie. Car quand ils disent "la piraterie va tuer le disque et la creation .... il faut sauver les artistes et les auteurs..." , j'aurais tendance a comprendre ... " il faut sauver nos marges et tenter de gagner autant de fric qu'on a pu le faire avant l'apparition du Net " !!!! Voila. J'attend vos eventuelles reactions sur ce brulant sujet !!! ;-) A bientot, JC
Salut à tous ! le 9/09/00 12:50, JC a écrit : > Car je vois mal les jeunes generations (et les futures) qui n'auront connu > que ce choix : acheter un CD 150 balles ou le telecharger gratuitement sur > le Net, tergiverser bien longtemps. Allons Jean-Claude !! Ta phrase elle même est tendancieuse, et c'est bien là le problème... Tu écris : "ou le télécharger gratuitement" ; il aurait fallu écrire "ou le voler". C'est *avant tout* une question de morale !! Tant qu'on présentera le téléchargement de MP3 piratés comme un téléchargement *gratuit*, alors les "jeunes générations" ne tergiverseront évidemment pas ! Il faut poser la question : préférez-vous acheter un disque ou le voler ? Les 'jeunes générations' (!) seront plus dubitatives -en tout cas je l'espère-... > Idem pour les majors : qu'elles commencent a baisser leurs marges au lieu de > se plaindre de la piraterie. Les prix élevés des disques sont en grande part dus aux frais exorbitants qu'elles engagent pour la promotion, notamment télévisuelle. Je ne suis pas sûr, sauf pour les "grosses machineries", que leurs marges soient si énormes que ça. > Car quand ils disent "la piraterie va tuer le disque et la creation .... il > faut sauver les artistes et les auteurs..." , j'aurais tendance a comprendre > .... " il faut sauver nos marges et tenter de gagner autant de fric qu'on a > pu le faire avant l'apparition du Net " ! Oui, ça c'est sûr que les artistes ont bon dos !! Cela fait partie de la rhétorique, du 'combat de mots' qui sert à gagner l'opinion à leur cause. C'est pourquoi, encore une fois, je vous dis : faites attention aux mots que vous employez, c'est très important, parce que c'est comme ça qu'on manipule les esprits. L'idée de la gratuité du Net est elle-même tendancieuse, soit dit en passant... Après tout, pour se connecter, il ne faut qu'un ordinateur, un modem, et une ligne téléphonique... Dites-moi l'adresse où on trouve ça gratuitement, et je m'empresserai de la transmettre aux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont à peine de quoi bouffer..... Bien à vous Francois Peyrony
Salut Francois, a tous, De : Francois Peyrony le 9/09/00 12:50, JC a écrit : >> Car je vois mal les jeunes generations (et les futures) qui n'auront >>connu que ce choix : acheter un CD 150 balles ou le telecharger >>gratuitement sur le Net, tergiverser bien longtemps. >Ta phrase elle même est tendancieuse, et c'est bien là le problème... Elle n'est absolument pas tendancieuse, mais employée intentionnellement. >Tu écris : "ou le télécharger gratuitement" ; il aurait fallu écrire "ou le >voler". C'est *avant tout* une question de morale !! Je ne crois *absolument* pas a la "morale" ! Alors encore moins a l'idée de la transmettre ou l'enseigner !! Je crois avant tout a la comprehension , notamment de la realité qui nous entoure. Un acte en apparence "a-moral", vu comme non moral par certain, n'est absolument pas une preuve que l'acte en question n'est pas "juste" (au moins pour celui qui l'a généré). Par contre, que ce soit une "question".... je te l'accorde volontiers !! ;-) >Tant qu'on présentera le téléchargement de MP3 piratés comme un >téléchargement *gratuit*, alors les "jeunes générations" ne tergiverseront >évidemment pas ! >Il faut poser la question : préférez-vous acheter un disque ou le voler ? >Les 'jeunes générations' (!) seront plus dubitatives -en tout cas je >l'espère-... En fait ce qui me derange le plus dans tout ceci, par rapport aux jeunes generations, et même aux "anciennes", c'est que nombreux sont ceux qui n'ont absolument pas reflechi aux consequences de leurs actes, a ce qui les poussent a "pirater" des mp3. Ils font cela en toute inconscience, sans vraiment savoir pourquoi ils le font, sans y avoir reflechi ! Je ne suis ni pour, ni contre le piratage, a priori.... pour la simple raison qu'il y a du pour et du contre dans le fait de "pirater".... et je ne m'etalerais pas sur cela maintenant. Le jour ou les mastodontes de la production musicale arreterons de manger les "petits", de se manger entre eux, de ne penser globalement qu'au fric, au profit, et pas du tout a l'artistique et réellement a la musique .... on pourra peut-etre dire quelque chose aux soit-disant pirates. Toi qui parle de "morale", tu trouves qu'elle est "morale" leur politique ???? ;-) Qu'ils agissent réellement pour le bien de l'humanité, de la Musique, de la diversité, du pluri-culturel, de la qualité ? En attendant, ils ne recoltent que ce qu'ils meritent, que ce qu'ils ont semé. >>Idem pour les majors : qu'elles commencent a baisser leurs marges au lieu >>de se plaindre de la piraterie. >Les prix élevés des disques sont en grande part dus aux frais exorbitants >qu'elles engagent pour la promotion, notamment télévisuelle. Je ne suis pas >sûr, sauf pour les "grosses machineries", que leurs marges soient si >énormes que ça. Et bien voila ! Il n'y a qu'a voir notre precedente discussion sur les creation de boites d'editions qui n'en sont pas (TF1 et 1musique), qui courcircuitent le systeme dans le seul but de recuperer le plus de pognon possible, pognon qui n'est donc pas reinjecté dans le "creatif", mais qui servira a promotionner encore un unique artiste sur leur chaine de TV. "Universal, toutes les musiques" , ca te fait pas rire ???? ;-)) >> Car quand ils disent "la piraterie va tuer le disque et la creation .... >>il faut sauver les artistes et les auteurs..." , j'aurais tendance a >>comprendre .... " il faut sauver nos marges et tenter de gagner >>autant de fric qu'on a pu le faire avant l'apparition du Net " ! >Oui, ça c'est sûr que les artistes ont bon dos !! >Cela fait partie de la rhétorique, du 'combat de mots' qui sert à gagner >l'opinion à leur cause. >C'est pourquoi, encore une fois, je vous dis : faites attention aux mots >que vous employez, c'est très important, parce que c'est comme ça qu'on manipule >les esprits. Ben en ce qui me concerne, ce sont plutot les multi-nationnales de la musique qui nous manipulent !! ;-) >L'idée de la gratuité du Net est elle-même tendancieuse, soit dit en >passant... >Après tout, pour se connecter, il ne faut qu'un ordinateur, un modem, et >une ligne téléphonique... >Dites-moi l'adresse où on trouve ça gratuitement, et je m'empresserai de la >transmettre aux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont à peine >de quoi bouffer..... Je suis d'accord. Mais ce n'est pas l'idée de la gratuité en elle même qui est tendancieuse, mais la facon dont les "faiseurs de fric sans ethique" utilise cette idée pour se faire encore plus de fric !!! Leur gratuité n'est vraiment pas gracieuse !! ;-) Ce qui n'empeche pas la "vraie" gratuité d'exister. A bientot, JC / Deepsound
J'ajouterais que les maisons de disques semble plus s'inquieter de la copie que les artistes...normal, c'est eux qui en patissent le plus, vu qu'ils ramassent tout le fric... J'ai entendu certains artistes dire que la copie ne les dérangeait pas. De toutes façon, la majorité des disques copiés sont ceux des artistes les plus connus, c'est à dire plus dans le besoin, et produits par les multinationales de l'entertainment...je vais donc pas pleurer pour eux. Et puis ils n'ont qu'a ajouter de la valeur au produit (c'est comme ça qu'ils parlent des disques) en incluant avec des element incopiables (t-shirts, livret...) voila FRENCH DREAD aka MESA
Hello Ne pas oublier que dans ce debat....beaucoup de societe qui vivent de "la gratuite" des artistes sont des Start up...qui a coup de dollars cherchent a investir des creneaux juteux....il ne sont pas plus moral que les majors....mais ils ont tendances a le faire croire....ce qui est nettement plus pervers !! :-))))).....essayer de vous renseigner sur la 'levée" de tunes de boite comme Napster ;-) ....le malheur des uns ....fait le bonheur des autres....:-)))) bien a vous tous Bernard COQUELET
Salut à tous ! >> Ta phrase elle même est tendancieuse, et c'est bien là le problème.... >> Tu écris : "ou le télécharger gratuitement" ; il aurait fallu écrire "ou le >> voler". C'est *avant tout* une question de morale !! > Je ne crois *absolument* pas a la "morale" ! Alors encore moins a l'idée de > la transmettre ou l'enseigner !! Je crois avant tout a la comprehension , > notamment de la realité qui nous entoure. Aïe ! 'Morale', mot tabou ! Hop, hop, je sors le dico ! Voyons 'Morale' : "Morale : [...] ensemble des règles de conduites considérées comme valable, de façon absolue. Voir "éthique", [...] Hélas, pauvres de nous, si nous n'écrasons pas les vieilles dames dans la rue, si nous ne tuons pas, si nous ne volons pas, c'est que nous avons une 'morale'. Terrible, hein ? D'ailleurs, en évoquant les "faiseurs de fric sans ethique", tu parles aussi de morale ! ;) Comme quoi, derrière les mots... >> Tant qu'on présentera le téléchargement de MP3 piratés comme un >> téléchargement *gratuit*, alors les "jeunes générations" ne tergiverseront >> évidemment pas ! > En fait ce qui me derange le plus dans tout ceci, par rapport aux jeunes > generations, et même aux "anciennes", c'est que nombreux sont ceux qui n'ont > absolument pas reflechi aux consequences de leurs actes, a ce qui les > poussent a "pirater" des mp3. Ils font cela en toute inconscience, sans > vraiment savoir pourquoi ils le font, sans y avoir reflechi ! Mais oui, parce que on ne leur présente *jamais* ce qu'il font comme quelque chose d'immoral, quelque chose qui qu'ils devraient s'interdire de faire ! Et même si ils ne le font pas pour sauver les producteurs de la ruine, ni les artistes multi-millionnaires de la banqueroute, ils pourraient au moins se dire qu'ils n'aimeraient pas qu'on leur fasse la même chose... Vous oubliez votre porte-monnaie sur une table - 5 minutes plus tard, vous revenez pour le prendre, on vous l'a tiré - vous êtes contents ? Vous vous dites " Ouais, super-sympa, la personne qui a pris mon porte-monnaie a eu la possibilité technique de le faire, donc elle est dans son bon droit" ? Évidemment pas ! > Je ne suis ni pour, ni contre le piratage, a priori.... pour la simple > raison qu'il y a du pour et du contre dans le fait de "pirater".... Tu joues sur les mots... parce que si tu es 'pour' le piratage *et* 'contre' le piratage, c'est qu'il ne s'agit pas du même piratage. Ou alors tu es schizophrène, mon pauvre ;)))))) > Le jour ou les mastodontes de la production musicale arreterons de manger > les "petits", de se manger entre eux, de ne penser globalement qu'au fric, > au profit, et pas du tout a l'artistique et réellement a la musique .... on > pourra peut-etre dire quelque chose aux soit-disant pirates. Là, on confond deux choses. Que la production musicale cherche à gagner du fric, c'est évident ; c'est leur métier, tout simplement... Mais on ne peux pas dire, par exemple, qu'il est plus 'juste" de tuer un riche qu'un pauvre, qu'il est plus 'juste' de voler 20 frs que 20.000 frs ! C'est justement ça, la morale, l'éthique, la déontologie. C'est un principe, ça n'est pas élastique ! > Toi qui parle de "morale", tu trouves qu'elle est "morale" leur politique Non, et alors ? Je dois faire comme eux ? Comment puis-je leur reprocher leur malhonnêteté, et être moi-même malhonnête ? > Qu'ils agissent réellement pour le bien de l'humanité, de la Musique, de la > diversité, du pluri-culturel, de la qualité ? Ca n'est pas aux producteurs de faire ça. Leur métier, c'est de faire du fric à tout prix. Voilà pourquoi je ne suis pas producteur... Par contre, en tant qu'artiste, oui, ton programme m'intéresse ! > Et bien voila ! Il n'y a qu'a voir notre precedente discussion sur les > creation de boites d'editions qui n'en sont pas (TF1 et 1musique), qui > courcircuitent le systeme dans le seul but de recuperer le plus de pognon > possible, pognon qui n'est donc pas reinjecté dans le "creatif", mais qui > servira a promotionner encore un unique artiste sur leur chaine de TV. > "Universal, toutes les musiques" , ca te fait pas rire ???? ;-)) Ben pas vraiment. Cela dit, je n'attends pas du système capitaliste et libéral (encore un p....n de mot tendancieux) d'être mon professeur de morale ! Je serais mal barré....... >> L'idée de la gratuité du Net est elle-même tendancieuse, soit dit en >> passant... > Je suis d'accord. Mais ce n'est pas l'idée de la gratuité en elle même qui > est tendancieuse, mais la facon dont les "faiseurs de fric sans ethique" > utilise cette idée pour se faire encore plus de fric !!! > Leur gratuité n'est vraiment pas gracieuse !! ;-) Ce qui n'empeche pas la > "vraie" gratuité d'exister. !!! C'est bien ce que je voulais dire : Attention aux mots !!! Bien à vous tous Francois Peyrony
Re-salut ! le 16/09/00 13:11, "MESA" a écrit : > De toutes façon, la majorité des disques copiés sont ceux des artistes les > plus connus, c'est à dire plus dans le besoin, et produits par les > multinationales de l'entertainment...je vais donc pas pleurer pour eux. Ouais, qu'y crèvent > Et puis ils n'ont qu'a ajouter de la valeur au produit (c'est comme ça > qu'ils parlent des disques) en incluant avec des element incopiables > (t-shirts, livret...) L'idéal (!) serait qu'ils arrêtent de vendre de la musique, pour ne vendre que des t-shirts incopiables. Le super-idéal (!!) serait d'ailleurs qu'on arrête de *vendre* de la musique. Comme ça, on pourrait enfin *faire* de la musique tranquillement... Euuuuh, mais comment je mange, moi ? Ah oui, je sais : il faut que j'aie un *vrai* métier !! Je m'excuse, mais je trouve dommage qu'on parle comme ça. Je suis fier de faire partie de ce métier. Et si untel gagne 1 million de francs de droits d'auteurs, c'est que 1 million de personnes lui auront donné 1 franc, pour le remercier du petit bonheur qu'il leurs a donné. Vous trouvez ça dégueulasse ? Moi pas. Bien à vous Francois Peyrony
>Le super-idéal (!!) serait d'ailleurs qu'on arrête de *vendre* de la >musique. >Comme ça, on pourrait enfin *faire* de la musique tranquillement... ben oui, ca serait plus simple, d'ailleurs on est quelque uns dans ce cas >Euuuuh, mais comment je mange, moi ? >Ah oui, je sais : il faut que j'aie un *vrai* métier !! franchement savoir comment tu manges n'importe pas vraiment a l'auditeur (a tort ?) quand a avoir un "vrai" métier, je dis que ca n'empeche pas de faire de la musique. ca ne simplifie pas les choses, certes, mais ca n'est pas non plus un empechement majeur. si tu es vraiment musicien tu fais de la musique, le mieux que tu peux, salarié ou non. >Et si untel gagne 1 million de francs de droits d'auteurs, c'est que 1 >million de personnes lui auront donné 1 franc, pour le remercier du petit >bonheur qu'il leurs a donné. >Vous trouvez ça dégueulasse ? Moi pas. c'est pas que ce soit degeulasse, juste disproportionné. mais tant mieux pour eux, effectivement Phil
Salut à tous ! >> Ouais, qu'y crèvent > > J'ai pas dit qu'ils crevent. Mais si je vendais 2 millions de disques (et > même moins), ça m'importerais peu d'etre piraté. Ben justement, est-ce si évident ? C'est une affaire de principe, parce que sinon, où est la limite entre le piratage supportable et l'insupportable ? Comment fixer le seuil de 'supportabilité' ? Ici, l'idée est de défendre un *droit*. C'est ça qui est délicat ; on doit établir une règle, (une morale, une éthique) qui vaille pour tout le monde. Sinon c'est une injustice. Et justement, le système libéral voudrait faire éclater toutes ces règles, pour la seule logique du profit ! C'est eux qui parlent de liberté, d'éthique, de gratuité, et nous, on se fait bercer par ces mots douceureux. Vous connaissez le serpent Kaa, dans le livre de la Jungle ? "Aie confiaaaaaaance, oui crois-en moooooooiiiii". On est en plein dedans. > Du moment que je vis correctement de ma musique, que je peux nourrir ma > famille, et avoir une vie decente, le reste est superflu (je ne parle que > pour moi) C'est tout à ton honneur. Mais il se pourrait bien qu'un jour ton projet artistique évolue, que tu aies besoin de plus de moyens ; ce jour, tu voudras certainement te pencher sur tes revenus avec des exigences différentes. Cela ne voudra pas dire pour autant que tu veux faire du profit ! > J'aurais un peu honte d'etre millionnaire sachant que plus d'un milliard de > personnes ont moins d'un dollar par jour pour nourrir une famille. On en > revient encore à l'ethique ;-) Mais sais-tu vraiment ce qu'ils font de leur argent, nos multi-millionnaires du show-bizz ? Peut-être sont-ils très généreux avec les associations caritatives ? (J'en connais qui le sont, J.J. Goldman par ex., et de manière très discrète). Peut-être réinjectent-ils ces 'deniers' dans la production, permettant à des dizaines de personnes de vivre de leur métier ? Il me semble exagéré de les croire, a-priori, tous égoïstes... C'est tellement facile de mettre des étiquettes partout... >> Le super-idéal (!!) serait d'ailleurs qu'on arrête de *vendre* de la >> musique. >> Comme ça, on pourrait enfin *faire* de la musique tranquillement... > Le probleme, c'est que les industriels pensent souvent plus aux ventes qu'a > la musique... Certes, mais c'est leur métier. Ca n'est pas un problème, c'est un fait. On a besoin d'eux, plus ou moins suivant son parcours artistique. Si ton envie artistique est de toucher la France entière avec ta chanson sublime, tu ne peux pas, avec tes petits bras musclés ;)), faire fabriquer un million de disques, les implanter dans toute la France, contacter tous les media, etc. Pour cela il faut de la trésorerie, de la logistique, des moyens humains. Bref, il faut ... des producteurs. Leur motivation n'est pas forcémment mauvaise, cependant ! Gagner de l'argent, pour eux comme pour toute entreprise commerciale, et peut-être même plus, c'est avant tout *ne pas en perdre* ! Bien à vous tous -- Francois Peyrony
>C'est une affaire de principe, parce que sinon, où est la limite >entre le piratage supportable et l'insupportable ? Comment >fixer le seuil de 'supportabilité' ? Pour moi, la limite se situe au niveau du prejudice subi par l'artiste. Quand on vend enormement, les manques à gagner du fait du piratage deviennent moins important (pas au sens economiques mais au sens "moral"). Quand on a une plat debordant de riz à manger, est il si grave que quelqu'un en vole une louche? J'ajouterais que le piratage n'est pas du vol, le vol etant une soustraction frauduleuse du bien d'autrui. Ainsi un cd copié constitue seulement un manque à gagner. Et encore...qui dit que le copieur aurait acheté le cd? bien souvent on copie parce que les cds sont inabordables... >Ici, l'idée est de défendre un *droit*. C'est ça qui est délicat ; >on doit établir une règle, (une morale, une éthique) qui vaille >pour tout le monde. Sinon c'est une injustice. Droit et justice ne sont pas toujours synonymes...et qui établit les règles? >Et justement, le système libéral voudrait faire éclater toutes >ces règles, pour la seule logique du profit ! Ils en profitent bien des regles, quand ils font des proces ou etablissent leurs siges dans des paradis fiscaux...quoique on sorte du débat ;-) >Mais il se pourrait bien qu'un jour ton projet artistique évolue, >que tu aies besoin de plus de moyens ; ce jour, tu voudras >certainement te pencher sur tes revenus avec des exigences >différentes. Cela ne voudra pas dire pour autant que tu veux >faire du profit ! Exact. je travaillerais d'avantage ;-) Et les moyens ne font pas forcement la musique. Les musiques que je produis, aime et ecoute sont justement les musiques qui necessitent peu de moyens ;-) Je prefere de loin ecouter ecouter un Count Ossie avec un son pourri qu'une britney spear produite avec des millions... >Mais sais-tu vraiment ce qu'ils font de leur argent, nos multi- >millionnaires du show-bizz ? >Peut-être sont-ils très généreux avec les associations >caritatives ? (J'en connais qui le sont, J.J. Goldman par ex., >et de manière très discrète). C'est vrai, je les critiquent pas. Mais admet que le show business est souvent tres futile et vit dans son petit monde sans se soucier du reste...opinion personnelle. > Le probleme, c'est que les industriels pensent souvent plus >aux ventes qu'a la musique... >Certes, mais c'est leur métier. Ca n'est pas un problème, c'est >un fait. On a besoin d'eux, plus ou moins suivant son parcours >artistique. c'est leur metier, ca veut pas dire que ce soit bien. Les industriels qui nous empoisonnent avec leur vache folle font aussi leur metier ;-) Oui on a parfois besoin d'eux, mais faut pas que le profit l'emporte sur l'artistique. Mesa
Salut Francois, a tous, De : Francois Peyrony >> Je ne crois *absolument* pas a la "morale" ! Alors encore moins a l'idée de >> la transmettre ou l'enseigner !! Je crois avant tout a la comprehension , >> notamment de la realité qui nous entoure. >Aïe ! 'Morale', mot tabou ! >Hop, hop, je sors le dico ! >Voyons 'Morale' : >"Morale : [...] ensemble des règles de conduites considérées comme valable, >de façon absolue. Voir "éthique", [...] >Hélas, pauvres de nous, si nous n'écrasons pas les vieilles dames dans la >rue, si nous ne tuons pas, si nous ne volons pas, c'est que nous avons une >'morale'. Terrible, hein ? Je vois qu'on a les mêmes reflexes !! ;-) Je vais donc aller un peu plus loin ... et sortir mon sacro-saint dico ethymologique !! "morale" : du latin "moralis" de "mores", les moeurs.... "moeurs" : du latin "mores" du pluriel de "mos", caprice, façon de vivre.... Et comme par hasard, c'est la que je veux en venir. Je pense qu'il n'y a pas *une* morale mais *des* morales. Dans tous les cas, rien d'absolu, ni d'universel !! Elles ont les couleurs de ceux qui les dictent, et ceux qui les vivent, elles dependent des cultures, et des points de vus sur la vie ! ;-) Donc, je n'ai rien contre la "morale" en soi, je refute seulement que cela puisse etre absolu. Pour aller plus loin encore, je n'aime pas vraiment non plus l'idée de "regle", et encore moins les "ensembles de regles" !! Je peux trouver des quantités d'exemples qui invalident l'idée de regles absolues et intangibles. La morale dit, par exemple, qu'il faut aimer son prochain.... je suis desolé, il y a plein de gens que je n'aime pas, et je n'ai pas envie de faire des efforts pour aimer, ou pour appliquer une regle. Idem sur la generosité. Ca depends completement : du lieu / des gens en presence / du moment. etc, etc.... Je pense en fait qu'il n'y a rien de "mal" en soi. Tout cela peut paraitre eloigné des sujets qui nous reunissent ici (musique, droit d'auteur etc...) , mais je ne le pense pas. >D'ailleurs, en évoquant les "faiseurs de fric sans ethique", tu parles aussi >de morale ! ;) >Comme quoi, derrière les mots... Ethique .... "conforme aux moeurs" .... bon, et bien, je ne l'utiliserais plus ainsi !! ;-) Car en fait, ces "faiseurs de fric" ont une ethique, qui est tout a fait conforme a leurs desirs et a leurs moeurs (facon de vivre...) : faire du fric a tous prix, sans aucun scrupule, ni bienveillance envers la Musique. Et ce n'est pas du tout ma façon de voir les choses, d'apprehender la vie. >> En fait ce qui me derange le plus dans tout ceci, par rapport aux jeunes >> generations, et même aux "anciennes", c'est que nombreux sont ceux qui n'ont >> absolument pas reflechi aux consequences de leurs actes, a ce qui les >> poussent a "pirater" des mp3. Ils font cela en toute inconscience, sans >> vraiment savoir pourquoi ils le font, sans y avoir reflechi ! >Mais oui, parce que on ne leur présente *jamais* ce qu'il font comme quelque >chose d'immoral, quelque chose qui qu'ils devraient s'interdire de faire ! >Et même si ils ne le font pas pour sauver les producteurs de la ruine, ni >les artistes multi-millionnaires de la banqueroute, ils pourraient au moins >se dire qu'ils n'aimeraient pas qu'on leur fasse la même chose... Je pense qu'une regle, ca s'etablie a deux, comme une sorte de contrat. Je suis desole mais quand bien même la regle est "tu ne tueras pas ton voisin", si mon voisin decide de ne plus suivre cette regle, et qu'il se presente a moi pour me tuer, si j'en ai l'occasion ( a priori) je fairais tous pour le mettre hors de nuire, voire le tuer, avant qu'il ne mettent en application ses funestes desseins. On est dans une société ou on n'arrette pas de nous bassiner avec les regles, la morale, la bonne conduite etc.... et tout ce que je vois c'est que le monde est completement dirigé par des hommes qui n'appliquent justement jamais ces bonnes regles qu'ils edictent, ou tout leur est permis quand il s'agit d'assouvir leurs desirs de puissance, de pouvoir (sur les autres, sur les peuples, etc....) et d'argent. Je me pose donc la question de savoir si le discours (simplet, selon moi) qui consiste a dire " les gens qui telechargent des mp3 sont des voleurs" n'est pas simplement un grand bluff de plus, histoire d'endormir tout le monde encore un peu plus sur les vrais problemes. Je le repete : globalement (par ce qu'il y a evdemment des exceptions) ces gens n'ont aucun respect pour la musique. Ce sont des entreprises, des trans-nationnales qui utilisent la musique pour se faire (beaucoup) d'argent. Point ! Ya qu'a voir l'histoire (officieuse) de chez Sony en ce moment. Les budjets pour la France sont decidé, non seulement en quantité, a la maison mère, mais aussi la destination de ces budjets. Et les budjets de cette année (pour une tres grande partie) *devaient* etre utilisés par sony-France au developpement d'un artiste americains..... Ces mullti-nationnales sont des danger pour la creation et je ne vais pas pleurer sur leur sort !! Ca ne m'etonne pas qu'en montrant si peu de respect envers les artistes et aussi le public, tout ce qu'ils ont en retour c'est du non-respect ! Tu recoltes ce que tu semes. Le vrai probleme, c'est nous, les auteurs, qu'allons nous devenir. Je n'en sais rien. Si on veut continuer a vivre de notre creation, il faudra bien qu'on continue a toucher des sous pour cela. >Vous oubliez votre porte-monnaie sur une table - 5 minutes plus tard, vous >revenez pour le prendre, on vous l'a tiré - vous êtes contents ? >Vous vous dites " Ouais, super-sympa, la personne qui a pris mon >porte-monnaie a eu la possibilité technique de le faire, donc elle est dans >son bon droit" ? >Évidemment pas ! Je le repete : ca depends de la situation. Si cette personne, par exemple, crevais la dalle, et que 10 minutes auparavant, je suis passée a coté d'elle en l'ignorant, c'est ma recolte. Point. Idem si 10 jours avant j'ai moi-même piqué un porte-monaie ! (tout ca c'est des images evidemment). >> Je ne suis ni pour, ni contre le piratage, a priori.... pour la simple >> raison qu'il y a du pour et du contre dans le fait de "pirater".... >Tu joues sur les mots... parce que si tu es 'pour' le piratage *et* 'contre' >le piratage, c'est qu'il ne s'agit pas du même piratage. >Ou alors tu es schizophrène, mon pauvre ;)))))) Ce que j'exprime par la, c'est qu'en fait je ne suis pas totalement positionné par rapport a cette histoire de "mechant-vilains pirates du mp3". J'ai des bribes de reflexions, de reponses, et je crois que c'est un probleme beaucoup plus complexe ( commercial, sociologique, psychologique etc....) qu'une simple histoire de morale. >> Le jour ou les mastodontes de la production musicale arreterons de manger >> les "petits", de se manger entre eux, de ne penser globalement qu'au fric, >> au profit, et pas du tout a l'artistique et réellement a la musique .... on >> pourra peut-etre dire quelque chose aux soit-disant pirates. >Là, on confond deux choses. >Que la production musicale cherche à gagner du fric, c'est évident ; c'est >leur métier, tout simplement... >Mais on ne peux pas dire, par exemple, qu'il est plus 'juste" de tuer un >riche qu'un pauvre, qu'il est plus 'juste' de voler 20 frs que 20.000 frs ! >C'est justement ça, la morale, l'éthique, la déontologie. C'est un principe, >ça n'est pas élastique ! Le probleme, Francois, c'est que s'il y avait encore des quantités de "petites et moyennes" boites de prod musicale, je pense que dans l'ensemble, il y en aurait aussi qui s'interesseraient a la musique en soi, parralellement au fait de vouloir gagner de l'argent. Mais la, ce sont 2 ou 3 majors qui gouvernent le monde de la musique bientot plus qu'une ?) dans un esprit purement, fondamentalement, exclusivement mercantile. Et je trouverais cela plus juste de voler 20 millions de francs a Universal ( en reinjectant ces sous dans la creation musicale) que 20 centimes a une mamie qui touche une petite retraite. >> Toi qui parle de "morale", tu trouves qu'elle est "morale" leur politique >Non, et alors ? Je dois faire comme eux ? >Comment puis-je leur reprocher leur malhonnêteté, et être moi-même >malhonnête ? Honnete : du latin honestus, digne de consideration. Je ne trouve pas ces majors digne de consideration. Et quant a moi, je ne fais pas les choses pour etre "considéré", et je me fous de savoir que d'autres vont penser ou non que je suis "honnete". Je vais tenter une image.... Imagine une société dirigée par un pouvoir total, totalitaire, n'ayant absolument aucun souci des hommes qu'ils dirigent, ne cherchant pas leur bien, mais leur propre bien. Imagine qu'ils edictent des lois, visibles et non-visibles ( manipulation de masse) et par exemple une loi qui dirait : seuls les hommes aux cheveux bruns ont droit d'acheter du pain. Et qu'en plus, il y est aussi une loi visible ( un decret) et non-visible ( la religion ou la morale) qui dise : voler n'est pas bien et est passible d'emprisonement. Si je suis blond, je fais quoi ? >> Qu'ils agissent réellement pour le bien de l'humanité, de la Musique, de la >> diversité, du pluri-culturel, de la qualité ? >Ca n'est pas aux producteurs de faire ça. Leur métier, c'est de faire du >fric à tout prix. Pas d'accord. On pourrait tout a fait imaginer des producteurs qui font de l'argent mais qui ont aussi des vues autres en exercant leur metier : developper la creation, la diversité, penser a l'Homme etc... C'est quand même ahurissant cette histoire ! A t'entendre, tu cautionnes totalement ces mecs sur-puissant a la vue archi-courte et a l'ego demesuré, qui n'ont qu'un seul et unique but dans la vie : faire du fric a tout prix (quel qu'en soit le prix..... effrayant !) . Je suis desolé, mais en ce qui me concerne, ces gens sont humainement *malades*. >Voilà pourquoi je ne suis pas producteur... >Par contre, en tant qu'artiste, oui, ton programme m'intéresse ! Ma foi ... c'est deja ca ! ;-) >> Et bien voila ! Il n'y a qu'a voir notre precedente discussion sur les >> creation de boites d'editions qui n'en sont pas (TF1 et 1musique), qui >> courcircuitent le systeme dans le seul but de recuperer le plus de pognon >> possible, pognon qui n'est donc pas reinjecté dans le "creatif", mais qui >> servira a promotionner encore un unique artiste sur leur chaine de TV. >> "Universal, toutes les musiques" , ca te fait pas rire ???? ;-)) >Ben pas vraiment. Cela dit, je n'attends pas du système capitaliste et >libéral (encore un p....n de mot tendancieux) d'être mon professeur de >morale ! Je serais mal barré....... J'ai pourtant bien l'impression que tu baignes dans *leur* morale. Quant a moi, je n'ai plus envie de tenir ce discours pseudo comprehensif a l'egard des geants de l'economie dans le monde, genre : " on n'y peut rien, c'est comme ca, ils font juste leur boulot dans un milieu qui est ce qu'il est" .... ce sont eux qui créent le milieu et nous polue l'atmosphere (au sens propre et figuré). Dernieres choses : qu'on ne se meprennent pas. Je n'ai rien contre l'argent, qui est un outil de liberté dans ce monde, je n'ai rien contre le fait de chercher a gagner de l'argent avec de la musique, et je ne suis pas un compositeur aigri qui n'aurait jamais reussi a gagner correctement sa vie. Par contre, je plains réellement ceux qui sont esclaves de leurs soifs de pouvoirs et d'argent. On va etre a peu pres tous d'accord pour dire que l'argent n'est pas un but en soi, voir même que c'est ridicule quand on prend en consideration l'Homme dans sa totalité.... alors explique moi pourquoi c'est le seul objectif des multi-nationales et que tout le monde a l'air de trouver ca normal ? Et puis c'est aussi normal, peut-etre, que l'economie mondiale dans sa totalité soit dans les mains d'une centaine de personne ? Flippant, je trouve. Allez, que cela ne nous empeche pas de faire de la belle musique ( et de reflechir ensemble a comment nous allons pouvoir continuer a etre retribués pour cela) !!!! ;-) Bien a toi et a tous, Jean-Christophe
Re, le 16/09/00 13:11, "MESA" a écrit : >> De toutes façon, la majorité des disques copiés sont ceux des artistes les >> plus connus, c'est à dire plus dans le besoin, et produits par les >> multinationales de l'entertainment...je vais donc pas pleurer pour eux. Francois Peyrony a repondu : >Ouais, qu'y crèvent J'te sens cynique, la, Francois ....?!! ;-) Je pense ( je pense beaucoup, vous avez vu ? ;-), je pense donc, qu'il y a un peu confusion dans tous ca. En ce qui me concerne, je n'ai rien contre les auteurs-compositeurs qui se font les 1 million de francs trimestriels aux repartitions SACEM. Tant mieux pour eux, et puissent-ils utiliser leur fric a des fins quelques peu humaines ( amen) ! ;-) Ceci dit, il est indeniable que dans l'immediat, personne ne souffre du piratage de la musique sur Internet si ce n'est les majors (et encore c'est pas sur du tout au vu des differents rapports et etudes sur le sujet, ca serait même l'inverse), et que même si Zazie devait en "souffrir", ca ne serait pas une bien grande souffrance pour elle, a priori. Elle aurait juste un peu moins d'argent qu'elle en a. Et ce que voulais dire Mesa, il me semble, c'est que 5000 f par mois divisé par 2, ca fait 2500, et 5 millions de francs divisés par 2 ca fait 2,5 millions de francs..... et qu'une ponction, un manque a gagner, une division n'a pas la même valeur en fonction de la somme qu'on divise !! En sachant que c'est la situation aujourd'hui, et qu'elle n'a rien de dramatique. Le probleme, c'est l'avenir. Et avant tout, notre avenir a nous, auteurs-compositeurs ! Parce que l'avenir des Universal et autres Aol-Warner .... je me m'inquiete pas pour eux, ou plutot c'est leur existence même qui m'inquiete ! ;-) >L'idéal (!) serait qu'ils arrêtent de vendre de la musique, pour ne vendre >que des t-shirts incopiables. >Le super-idéal (!!) serait d'ailleurs qu'on arrête de *vendre* de la >musique. Comme ça, on pourrait enfin *faire* de la musique tranquillement... >Euuuuh, mais comment je mange, moi ? >Ah oui, je sais : il faut que j'aie un *vrai* métier !! Comment ca, t'as pas un *vrai* metier a coté de ta pratique musicale ? ;-) >Je m'excuse, mais je trouve dommage qu'on parle comme ça. >Je suis fier de faire partie de ce métier. Moi aussi. Ou plutot, heureux de faire de la musique et qu'en plus je puisse en vivre ! >Et si untel gagne 1 million de francs de droits d'auteurs, c'est que 1 >million de personnes lui auront donné 1 franc, pour le remercier du petit >bonheur qu'il leurs a donné. >Vous trouvez ça dégueulasse ? Moi pas. Ben moi non plus, je trouve pas ca degueulasse en soi.... j'aimerais même bien que ca m'arrive ! ;-) Ceci dit, je comprends, parce que je me suis questionné a ce sujet, qu'il y ai une sorte de decallage dans la tete des gens. Il y en a même un dans la mienne... : Tu fais *un* titre qui habille une emission TV vers 20 heures, quotidien, et tu gagnes du fric pas croyable. (genre 1500 balles la minute X 2 minutes = 3000 X 20 jours = 60 000 francs X 12 = 720 000 francs pour *une* minute de musique ! ) Je suis pour le respect de la musique et des createurs, mais allez expliquer a un boulanger, un macon, un instituteur, un policier etc.... que c'est du au fait que une minute de notre creation vaut "tellement plus" que ce qu'ils fournissent comme travail en 6 ans !!! Maintenant, si j'ai l'opportunité de faire ca, j'hesite pas une seconde.... mais je trouve que c'est quand même assez decalé.... non ? Cette remise en question du droit d'auteur, c'est aussi a cause des medias. Si au lieu de voir systematiquement les mêmes artistes (bien souvent aussi auteurs-compositeurs .... suivez mon regard....), encore et encore dans les emissions de variété a la tele par exemple, ils laissaient de la place aux "jeunes" talents, aux decouvertes etc..... ca aiderait peut-etre a faire comprendre que la creation existe et qu'elle a besoin de se developper, et que le droit d'auteur est utile et necessaire. Et pas seulement pour faire vivre Cocciante, Zazie, Obispo et Goldman et gonfler leurs comptes bancaires. Si les gens assimilent la musique dans sa totalité a quelques auteurs bien riches, pas etonnant qu'ils n'aient pas trop de scrupules a "telecharger gratuitement" ;-] leurs oeuvres sur le Net. De la creation a la diffusion, on est en train de completement se faire etoufer par ces multi-nationnales dont je parlais dans mon precedent mail. Et si la SACEM reversait un peu des 4 milliards de francs par an aux jeunes auteurs, pour les aider a creer, et a survivre , a faire face a un systeme completement fermé ? A bientot, JC
Bonsoir, Quand même, un gars comme Pascal Sevran qui présente depuis 15 ans "La Chance Aux Chansons" est à l'origine de bien des propulsions de jeunes artistes, non ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ouvre les portes de la télévision à des gamins qui n'auraient pas forcément eu l'opportunité de le faire seuls... Il est décrié, mais tout le monde se bat pour passer dans l'émission. caractéristique. Enfin, bon, je prend cet exemple parce que j'ai une affection toute particulière pour Pascal, hein. Mais ça existe. j'insiste. Cordialement, OrlandO.
Salut ! J'avais écrit : >> Le super-idéal (!!) serait d'ailleurs qu'on arrête de *vendre* de la >> musique. >> Comme ça, on pourrait enfin *faire* de la musique tranquillement... ... Philzsongbook a répondu : > ben oui, ca serait plus simple, d'ailleurs on est quelque uns dans ce cas C'est un choix de vie, aussi respectable que le mien qui est de vivre de ma musique. Et puis, moi, je ne sais faire que ça ... :) >> Euuuuh, mais comment je mange, moi ? >> Ah oui, je sais : il faut que j'aie un *vrai* métier !! > franchement savoir comment tu manges n'importe pas vraiment a l'auditeur écoute, on est sur une liste qui parle des droits d'auteurs ; on est plusieurs à n'avoir que des revenus liés aux droits d'auteurs. C'est quand même une question *légitime*, non ? > quand a avoir un "vrai" métier, je dis que ca n'empeche pas de faire de la > musique. ca ne simplifie pas les choses, certes, mais ca n'est pas non > plus un empechement majeur. > si tu es vraiment musicien tu fais de la musique, le mieux que tu peux, > salarié ou non. Encore une fois, c'est un choix de vie. Il m'arrive parfois de regretter d'avoir fait de la musique mon unique source de revenus. Essaie juste de comprendre que le choix n'est pas si simple. Devenir compositeur professionnel, c'est aussi renoncer à une part certaine de liberté dans tes créations, parce que tu n'es plus le seul commanditaire de ta musique. Et justement, si l'argent est une donnée importante du système, c'est que c'est une manière de regagner cette liberté perdue : - parce que tu peux refuser des projets - parce que tu peux compléter sur tes deniers le budget que des productions frileuses ne t'accordent pas - parce que tu peux, sur des petits projets sans argent, travailler gratuitement - etc. On est plein à ne pas penser qu'au fric ! Artistes, producteurs, journalistes, 90 % font ça par passion, plus que par cupidité ! >> Et si untel gagne 1 million de francs de droits d'auteurs, c'est que 1 >> million de personnes lui auront donné 1 franc, pour le remercier du petit >> bonheur qu'il leurs a donné. >> Vous trouvez ça dégueulasse ? Moi pas. > c'est pas que ce soit degeulasse, juste disproportionné. mais tant mieux > pour eux, effectivement Un franc pour du bonheur ... Disproportionné ? Oui, tu as raison ; ce devrait être au moins *cinq* francs ! ;))) Bien à vous tous -- Francois Peyrony
Salut ! J'avais écrit : >> C'est une affaire de principe, parce que sinon, où est la limite entre le >> piratage supportable et l'insupportable ? Comment fixer le seuil de >> 'supportabilité' ? ... S.Billard (Mesa) a répondu : > Pour moi, la limite se situe au niveau du prejudice subi par l'artiste. > Quand on vend enormement, les manques à gagner du fait du piratage > deviennent moins important (pas au sens economiques mais au sens "moral"). > Quand on a une plat debordant de riz à manger, est il si grave que quelqu'un > en vole une louche? Pour reprendre ton image, à combien de louches est-ce que ça devient grave ? Quand il n'y a plus de riz dans le plat ? L'origine du débat, c'est, rappelons-le, ces histoires de mp3, Napster et consorts. Si personne ne fait attention, le plat de riz peut se vider très très vite. Le plat de riz est très gros, mais 20 millions de petites cuillères candides auront vite fait de le vider. > J'ajouterais que le piratage n'est pas du vol, le vol etant une soustraction > frauduleuse du bien d'autrui. Ho, ho, si ça c'est pas de la mauvaise foi ;)))) Le piratage, c'est quoi ? Une addition frauduleuse du bien d'autrui, ou une soustraction frauduleuse du mal d'autrui ? :))) > Ainsi un cd copié constitue seulement un manque à gagner. Et encore...qui > dit que le copieur aurait acheté le cd? bien souvent on copie parce que les > cds sont inabordables... Il existe des moyens *légaux* d'écouter de la musique sans l'acheter : radios, prêts en discothèques, concerts gratuits. Et ces moyens existent parce que les auteurs, c'est-à dire nous, ont *accepté* qu'ils existent !! >> Ici, l'idée est de défendre un *droit*. C'est ça qui est délicat ; >>on doit établir une règle, (une morale, une éthique) qui vaille pour tout le monde. Sinon c'est une injustice. > Droit et justice ne sont pas toujours synonymes... et qui établit les règles? Les règles sont (théoriquement) établies par nous tous, dans le cadre d'une démocratie qui, par le biais des parlements, fixent les lois, et de l'état, qui rémunère des gens pour les faire appliquer. Bref, y'a qu'à voter ! >> Mais il se pourrait bien qu'un jour ton projet artistique évolue,que tu >> aies besoin de plus de moyens [...] > [...] les moyens ne font pas forcement la musique. Les musiques que je > produis, aime et ecoute sont justement les musiques qui necessitent peu de > moyens ;-) Je prefere de loin ecouter ecouter un Count Ossie avec un son > pourri qu'une britney spear produite avec des millions... 1/ Si les gens aiment Britney Spear, ce n'est pas parce que ça a coûté cher 2/ Il y a des projets artistiques qui coûtent cher et qui ne sont pas show-bizz-variétés-internationales-profits ; monter un opéra, par exemple. >> Le probleme, c'est que les industriels pensent souvent plus aux ventes qu'a >> la >> musique... Ca n'est pas un problème, c'est un fait. >> On a besoin d'eux, plus ou moins suivant son parcours artistique. > c'est leur metier, ca veut pas dire que ce soit bien. > Les industriels qui nous empoisonnent avec leur vache folle font aussi leur > metier ;-) Ah non, justement ! Leur métier, c'est pas de nous empoisonner !! Bien à vous -- Francois Peyrony
Salut à tous ! Cette discussion est passionnante, parce que nous touchons ce qui fait la complexité, à mon avis, du travail des sociétés d'auteurs Merci à Jean-Christophe de rendre cela possible ! ... nous parlions de morale, d'éthique ... > La morale dit, par exemple, qu'il faut aimer son prochain.... je suis > desolé, il y a plein de gens que je n'aime pas, et je n'ai pas envie de > faire des efforts pour aimer, ou pour appliquer une regle. petit apparté fallacieux : la morale dit "il faut aimer son prochain..... comme soi-même". Le premier boulot, c'est de s'aimer soi-même ! Difficile de s'aimer soi-même quand une société vous dénie le droit d'être autre chose qu'un petit grain de sable. > Tout cela peut paraitre eloigné des sujets qui nous reunissent ici (musique, > droit d'auteur etc...) , mais je ne le pense pas. moi non plus, et j'espère que beaucoup d'autres le pensent. > Car en fait, ces "faiseurs de fric" ont une ethique, qui est tout a fait > conforme a leurs desirs et a leurs moeurs (facon de vivre...) : faire du > fric a tous prix, sans aucun scrupule, ni bienveillance envers la Musique. > Et ce n'est pas du tout ma façon de voir les choses, d'apprehender la vie.. Très bien vu, le mot 'éthique' est comme le mot 'morale', un mot qui peut glacer... Bien moins sympathique et lumineux qu'on le croit. > [...] > Je me pose donc la question de savoir si le discours (simplet, selon moi) > qui consiste a dire " les gens qui telechargent des mp3 sont des voleurs" > n'est pas simplement un grand bluff de plus, histoire d'endormir tout le > monde encore un peu plus sur les vrais problemes. Comme il y a manifestement un vide juridique, c'est une des questions dont il faut trouver la réponse : sont-ils des voleurs ? Mon opinion, qui n'engage que moi est que, oui, ils le sont, mais ils n'en ont pas conscience. Comme je l'ai dit dans un mail précédent, il existe des moyens de se procurer gratuitement, et légalement, de la musique ; la radio par exemple. Et les auteurs, les éditeurs et les producteurs ont accepté, et négocié, cela. Les radios payent des droits, et les supports d'enregistrement sont taxés. Le pB de l'Internet, c'est qu'on refuse aux mêmes auteurs-éditeurs-producteurs le droit de demander une autre négociation, pour des raisons, déjà évoquées ici (morale, gratuité de Net, gratuité de la Musique) qui me semblent bien bourbeuses. B. Coquelet le disait bien : >>> [On laisse penser que les] artistes sont un "bien public" taillable >>> et corveable a merci ...c'est une immense recession qu'ils nous proposent, >>> s'en vraiment s'en rendre compte...en laissant penser que toute somme >>> d'argent percue par un artiste est une entrave au libre echange... > Le vrai probleme, c'est nous, les auteurs, qu'allons nous devenir. Je n'en > sais rien. > Si on veut continuer a vivre de notre creation, il faudra bien qu'on > continue a toucher des sous pour cela. Ben oui >> Vous oubliez votre porte-monnaie sur une table - 5 minutes plus tard, vous >> revenez pour le prendre, on vous l'a tiré - vous êtes contents ? > Je le repete : ca depends de la situation. Si cette personne, par exemple, > crevais la dalle, et que 10 minutes auparavant, je suis passée a coté d'elle > en l'ignorant, c'est ma recolte. Point. C'eût été bien mieux de lui donner directement : moins dégradant pour lui, plus gratifiant pour toi... > Idem si 10 jours avant j'ai moi-même piqué un porte-monnaie ! (tout ca c'est > des images evidemment). Salaud ! C'est le mien !! ;)))))) > [...] je ne suis pas totalement > positionné par rapport a cette histoire de "mechant-vilains pirates du mp3". > J'ai des bribes de reflexions, de reponses, et je crois que c'est un > probleme beaucoup plus complexe ( commercial, sociologique, psychologique > etc....) qu'une simple histoire de morale. On en est tous là, je crois. Seulement, la 'morale' est une piste de réflexion qu'il ne faut pas avoir peur de suivre. C'est avant tout pour des raisons de 'morale' que l'esclavage et, plus tard, l'apartheid, ont été abolis, ne l'oublions pas... > [...] >>> Qu'ils agissent réellement pour le bien de l'humanité, de la Musique, de >>> la diversité, du pluri-culturel, de la qualité ? >> Ca n'est pas aux producteurs de faire ça. Leur métier, c'est de faire du >> fric à tout prix. > Pas d'accord. On pourrait tout a fait imaginer des producteurs qui font de > l'argent mais qui ont aussi des vues autres en exercant leur metier : > developper la creation, la diversité, penser a l'Homme etc... > C'est quand même ahurissant cette histoire ! A t'entendre, tu cautionnes > totalement ces mecs sur-puissant a la vue archi-courte et a l'ego demesuré, > qui n'ont qu'un seul et unique but dans la vie : faire du fric a tout prix > (quel qu'en soit le prix..... effrayant !) . Je suis desolé, mais en ce qui > me concerne, ces gens sont humainement *malades*. Je me suis mal exprimé ; ce que je voulais faire passer comme idée, c'est qu'il ne fallait pas attendre des producteurs qu'ils soient inattentifs à l'argent ; une bonne production, c'est avant tout une vision saine et réaliste des budgets, qui seraient sinon explosés par nous autres artistes mégalomaniaques ! Je ne cautionne évidemment pas tous ces excès, et je suis désolé que tu aies pu le croire... Seulement, il faut parfois se faire, comme on dit, l'avocat du Diable ; non pas parce qu'il est défendable -par essence, il ne l'est pas-, mais parce que c'est un bon moyen de comprendre comment il fonctionne, et ainsi, de mieux le contrer. >> [...]Cela dit, je n'attends pas du système capitaliste et >> libéral (encore un p....n de mot tendancieux) d'être mon professeur de >> morale ! Je serais mal barré....... > J'ai pourtant bien l'impression que tu baignes dans *leur* morale. > Quant a moi, je n'ai plus envie de tenir ce discours pseudo comprehensif a > l'egard des geants de l'economie dans le monde, genre : " on n'y peut rien, > c'est comme ca, ils font juste leur boulot dans un milieu qui est ce qu'il > est" .... ce sont eux qui créent le milieu et nous polue l'atmosphere (au > sens propre et figuré). Même remarque... > Dernieres choses : qu'on ne se meprennent pas. Je n'ai rien contre l'argent, > qui est un outil de liberté dans ce monde, je n'ai rien contre le fait de > chercher a gagner de l'argent avec de la musique, et je ne suis pas un > compositeur aigri qui n'aurait jamais reussi a gagner correctement sa vie. N'empêche que, -et il n'y a qu'à lire les réactions de certains dans la liste-, ce n'est pas une question réglée pour tout le monde. > Par contre, je plains réellement ceux qui sont esclaves de leurs soifs de > pouvoirs et d'argent. Esclaves, c'est le mot juste ! > On va etre a peu pres tous d'accord pour dire que l'argent n'est pas un but > en soi, voir même que c'est ridicule quand on prend en consideration l'Homme > dans sa totalité.... alors explique moi pourquoi c'est le seul objectif des > multi-nationales et que tout le monde a l'air de trouver ca normal ? Pour le fait que les gens trouvent ça normal, j'ai bien une réponse : ... parce qu'on est ma-ni-pu-lés !! Quant à l'objectif des multi-nationnales... > Allez, que cela ne nous empeche pas de faire de la belle musique ( et de > reflechir ensemble a comment nous allons pouvoir continuer a etre retribués > pour cela) !!!! ;-) Tout à fait d'accord Bien à vous tous -- Francois Peyrony
Salut ! MESA avait écrit: >>> De toutes façon, la majorité des disques copiés sont ceux des artistes >>> les plus connus, c'est à dire plus dans le besoin, et produits par les >>> multinationales de l'entertainment...je vais donc pas pleurer pour eux. J'avais répondu (ironiquement) >> Ouais, qu'y crèvent Jean-Christophe rétorqua: > J'te sens cynique, la, Francois ....?!! ;-) J'avoue, j'avoue !! > En ce qui me concerne, je n'ai rien contre les auteurs-compositeurs qui se > font les 1 million de francs trimestriels aux repartitions SACEM. Tant mieux > pour eux, et puissent-ils utiliser leur fric a des fins quelques peu > humaines ( amen) ! ;-) Il y en a certainement qui le font. Mais quand bien même ne le feraient-ils pas, ce n'est pas de l'argent sale ! Ils sont libres (ce qui n'interdit évidemment pas de penser que dans certains cas ils sont terriblement égoïstes...) > Ceci dit, il est indeniable que dans l'immediat, personne ne souffre du > piratage de la musique sur Internet si ce n'est les majors (et encore c'est > pas sur du tout au vu des differents rapports et etudes sur le sujet, ca > serait même l'inverse), et que même si Zazie devait en "souffrir", ca ne > serait pas une bien grande souffrance pour elle, a priori. Elle aurait juste > un peu moins d'argent qu'elle en a. Et ce que voulais dire Mesa, il me > semble, c'est que 5000 f par mois divisé par 2, ca fait 2500, et 5 millions > de francs divisés par 2 ca fait 2,5 millions de francs..... et qu'une > ponction, un manque a gagner, une division n'a pas la même valeur en > fonction de la somme qu'on divise !! Désolé, mais cet argumentaire, au risque de me répéter, est fragile. Vous prenez des chiffres ou des exemples extrêmes, mais, en fait, il vous est impossible de marquer la frontière entre l'acceptable et l'inacceptable. Je vais essayer de vous montrer pourquoi ce type d'arguments peut se retourner contre vous. J'ai eu, j'ai, et j'aurai, comme beaucoup d'entre vous, des problèmes de répartitions avec la Sacem. Ce sont sur de petites sommes et sur des pB un peu complexes (genre musique de bornes interactives, cd gratuit, etc.). Si, et je dis bien si, la Sacem disait "ce sont de petites sommes à l'échelle de notre société d'auteurs, donc ce n'est pas grave de ne pas s'en occuper ; de toutes façons, ça nous coûterait trop cher", elle ne respecterait pas son engagement moral (!) de s'occuper de chacun d'entre nous. Pour la Sacem, ce serait plutôt une économie ; pour moi, une vraie spoliation -car chacun sait, 500 Frs + 200 + 400 + 300 égal justement ce qu'il manque pour payer le loyer de ce mois-ci-. Si on tente de fixer des limites, ou des seuils, de 'tolérance', on ne respecte pas le principe égalitaire. > [...] >> Ah oui, je sais : il faut que j'aie un *vrai* métier !! > Comment ca, t'as pas un *vrai* metier a coté de ta pratique musicale ? ;-) Ben si, j'suis multi-nationnal à temps partiel ! >> Et si untel gagne 1 million de francs de droits d'auteurs, c'est que 1 >> million de personnes lui auront donné 1 franc, pour le remercier du petit >> bonheur qu'il leurs a donné. >> Vous trouvez ça dégueulasse ? Moi pas. > Ben moi non plus, je trouve pas ca degueulasse en soi.... j'aimerais même > bien que ca m'arrive ! ;-) Tu sais, c'est très surfait. Au quatrième million, on se lasse... > Ceci dit, je comprends, parce que je me suis questionné a ce sujet, qu'il y > ai une sorte de decallage dans la tete des gens. Il y en a même un dans la > mienne... : > Tu fais *un* titre qui habille une emission TV vers 20 heures, quotidien, et > tu gagnes du fric pas croyable. > (genre 1500 balles la minute X 2 minutes = 3000 X 20 jours = 60 000 francs X > 12 = 720 000 francs pour *une* minute de musique ! ) ...il me semble que c'est dégressif, justement pour rétablir une flagrante exagération du système... Cela dit, au delà de l'exemple, tout est une question d'équilibre ; à chacun de le trouver. Si tel projet, parce qu'il est entendu par beaucoup de monde, me rapporte de l'argent, cela me permets aussi d'accepter de travailler pour rien sur un autre projet. L'argent n'est pas mauvais en soi. > Je suis pour le respect de la musique et des createurs, mais allez expliquer > a un boulanger, un macon, un instituteur, un policier etc.... que c'est du > au fait que une minute de notre creation vaut "tellement plus" que ce qu'ils > fournissent comme travail en 6 ans !!! C'est un vrai et très ancien débat : il existe des réponses qui valent ce qu'elles valent. 1/ D'abord, un créatif est aussi créatif...d'emploi. J'avais lu quelque part que un film avec Depardieu à l'affiche fait vivre plus de 2000 personnes pendant 6 mois (tous secteurs confondus). Retirez Depardieu, et mettez Schmoldu (qui est nettement moins cher!) : les 2000 se retrouvent au chômage... 2/ la "minute" de création dont tu parles a peut-être mis dix ans à être finalisée. 3/ il existe, dans nos métiers, indéniablement, un facteur 'chance'. Le boulanger, ou le macon dont tu parles, s'ils jouent au Loto, trouveront-ils immoral le fait de gagner le gros lot ? Je ne le pense pas. Ce qui est sûr, c'est qu'à l'instar des inventeurs, des cosmonautes, des sportifs de haut niveau, etc., on ne fait pas des métiers ordinaires... Leur dénie-t-on le droit d'être riche, à eux ? Non. > Si les gens assimilent la musique dans sa totalité a quelques auteurs bien > riches, pas etonnant qu'ils n'aient pas trop de scrupules a "telecharger > gratuitement" ;-] leurs oeuvres sur le Net. C.Q.F.D. > Et si la SACEM reversait un peu des 4 milliards de francs par an aux jeunes > auteurs, pour les aider a creer, et a survivre , a faire face a un systeme > completement fermé ? Ha haaaa... Voilà une *vraie* question que la Sacem refuse *absolument* d'aborder. Vous savez au nom de quel principe ? Au nom du principe égalitaire, que j'évoquais plus haut, qui veux que la Sacem ne puisse pas privilégier un de ses membres par rapport à un autre -ce qu'elle ferait, si elle subventionnait l'un mais pas l'autre-. Vous voyez bien que ça n'est pas si simple Bien à vous tous -- Francois Peyrony
Salut à tous. Francois Peyrony écrivait le 20/09/00 16:25 : >Difficile de s'aimer soi-même quand une société vous dénie le droit d'être >autre chose qu'un petit grain de sable. Si c'est si difficile, c'est parce que l'on veut s'aimer soi-même à travers le regard des autres ; pour celui qui arrive à oublier les autres et le jugement qu'on leur accorde (souvent à tort, d'ailleurs), cela devient plus facile. > > Car en fait, ces "faiseurs de fric" ont une ethique, qui est tout a fait > > conforme a leurs desirs et a leurs moeurs (facon de vivre...) : faire du > > fric a tous prix, sans aucun scrupule, ni bienveillance envers la Musique. > > Et ce n'est pas du tout ma façon de voir les choses, d'apprehender la vie.. Il ne faut pas se leurrer : la production est une entreprise, et comme toute entreprise le but est de faire de l'argent pour pouvoir investir et gagner plus d'argent, pour pouvoir réinvestir, etc. Le blème est lorsqu'il s'agit de faire cotoyer le monde de l'argent et celui de l'art, le "matériel" et le "spirituel" (car touche à l'âme humaine) : des deux côtés, des concessions doivent être faites pour que la cohabitation se déroule au mieux. Soit ça se passe bien, soit il y a déchirement. Le producteur a besoin de l'artiste pour vendre et pour vivre, l'artiste a besoin du producteur pour SE vendre et vivre. Comme on ne vit pas d'amour et d'eau fraîche sur cette Terre, ... ;O) Ou alors il faut monter sa propre boîte de prod'. >Très bien vu, le mot 'éthique' est comme le mot 'morale', un mot qui peut >glacer... Bien moins sympathique et lumineux qu'on le croit. Ce sont des termes plutôt subjectifs : ma morale n'est certainement pas la même que la tienne ou celle d'un autre. ;O) Tout comme la morale du producteur n'est pas la même que celle de l'artiste. La question serait plutôt de savoir dans certains domaines (celui qui nous concerne notamment) d'où vient la morale qui circule, et est-ce qu'elle se rapproche de la mienne ? Est-ce qu'elle est vraiment justifiée, et en droit de devenir une morale dite *bonne pour tous*, bonne pour l'intérêt général ? Cette morale n'est-elle pas un conditionnement, et ne découle-t-elle pas elle-même d'un conditionnement ? Vaste débat philosophique, mais sans une morale *d'intérêt général*, c'est la dérive. Pas de SACEM pour protéger les droits d'auteur, pas d'avenir certain pour les auteurs et leurs oeuvres. >B. Coquelet le disait bien : > >>> [On laisse penser que les] artistes sont un "bien public" taillable > >>> et corveable a merci ...c'est une immense recession qu'ils nous > proposent, > >>> s'en vraiment s'en rendre compte...en laissant penser que toute somme > >>> d'argent percue par un artiste est une entrave au libre echange... >[...] > > Si on veut continuer a vivre de notre creation, il faudra bien qu'on > > continue a toucher des sous pour cela. N'avez-vous jamais connu cette frustration : lorsque vous dites que vous êtes musicien, on vous répond : "D'accord, mais quel est votre métier ?". Je suis sûr que oui. ;O) Parce que l'artiste représente le spectacle, la fête, l'émotion, le merveilleux, etc., il est parfois difficilemment concevable pour une grande majorité du public, et il faut le dire : parfois même des gens du milieu !!! :O((( qu'une personne puisse vivre de son art. Sur scène, l'artiste est acclamé ; devant son bulletin de salaire et ses rémuérations de droits d'auteur, on chuchote dans son dos. Peste soit, ô cruelle !! :O( >> Idem si 10 jours avant j'ai moi-même piqué un porte-monnaie ! (tout ca >>c'est des images evidemment). >Salaud ! C'est le mien !! ;)))))) Hééééé ! C'était le mien avant que tu me le piques ! ;OD >Je me suis mal exprimé ; ce que je voulais faire passer comme idée, c'est >qu'il ne fallait pas attendre des producteurs qu'ils soient inattentifs à >l'argent ; une bonne production, c'est avant tout une vision saine et >réaliste des budgets, qui seraient sinon explosés par nous autres artistes >mégalomaniaques ! Disons que le producteur serait le banquier et gestionnaire de l'artiste ? ;O) >> On va etre a peu pres tous d'accord pour dire que l'argent n'est pas un but >> en soi, voir même que c'est ridicule quand on prend en consideration >>l'Homme >> dans sa totalité.... alors explique moi pourquoi c'est le seul objectif des >> multi-nationales et que tout le monde a l'air de trouver ca normal ? >Pour le fait que les gens trouvent ça normal, j'ai bien une réponse : ... >parce qu'on est ma-ni-pu-lés !! Ne soyons pas hypocrites : nous sommes tous responsables ! Le monde est tel que nous avons voulu et voulons qu'il soit. C'est le résultat d'un niveau de conscience planétaire. Même si certains ont *plus de conscience que d'autres*. ;O) A plouche, Daino
Salut à tous ! Je suis avec attention, depuis quelques jours, cette discussion qui aborde pêle-mêle les problèmes soulevés par Napster, le piratage mp3... etc. Il a beaucoup été question de morale ou d'éthique. Alors justement, voici quelques réflexions qui n'engagent que moi. 1) "Le piratage porte ombrage (est-ce si sûr ?) à l'industrie du disque". Bien... je crois que jusque là, personne ne va pleurer... Il est même plutôt réjouissant, je suppose, de faire la nique à la "world company". Personnellement, je n'y vois absolument rien d'immoral. Introduire un grain de sable dans la belle mécanique de ces gens qui contrôlent de plus en plus étroitement nos vies est même assez sain. "Mais ce faisant, les artistes qui vivent de leur musique sont eux aussi lésés". Admettons... mais je me pose une question : un artiste doit-il être un rentier ? Qu'il tire ses revenus de ses droits d'auteur ou qu'il soit salarié d'une grosse compagnie, qu'est-ce que tout cela a à voir avec la création ? Qu'une industrie rentabilise ses investissements, cela semble logique, mais le fait de créer doit-il donner droit à un salaire ou à une rente ? L'activité créatrice ne devrait-elle pas, par essence, être gratuite ? Une oeuvre d'art appartient-elle à son créateur ? Certainement, non. La musique, plus particulièrement, appartient à tout le monde. Chacun, d'ailleurs, a sa propre écoute. Et l'histoire de la création musicale n'est faite que de plagiats, de rajouts, de variations sur des thèmes universels, de déformations... Le hasard aussi a sa part. L'originalité d'une oeuvre ne vient somme toute que de la façon dont l'auteur a digéré tout ce qui l'a précédé. Il serait bien prétentieux, celui qui croirait créer seul et ab nihilo. Les compositeurs classiques se sont toujours inspiré des maîtres qui les ont précédés et de musiques populaires parfaitement anonymes. Plus récemment, que dire du blues, qui utilise systématiquement les mêmes trois accords et des paroles récurrentes, ou des musiques électroniques qui font oeuvre originale à partir de samples préexistants. Utiliser un sample des Beatles ou de Gainsbourg, par exemple, dans une oeuvre personnelle, est une manière de recycler des sons familiers pour faire autre chose, exercice comparable à l'utilisation de citations en littérature. De quel droit des petits rentiers de la musique, ou à plus forte raison leurs "héritiers", viennent ici réclamer leur "dû" ou pire, interdire que leur sacro-sainte oeuvre soit déformée ? Il faut que la musique vive. S'ils ne veulent pas être repris ou déformés, qu'ils fassent de la musique dans leur chambre et ne la livrent pas au grand public ! 2) "La gratuité, c'est bien joli, mais les artistes ne vivent pas que de passion et d'eau fraîche". Il s'agit là d'un autre problème, qui n'a rien à voir avec la création. Bien sûr, si les créateurs n'ont pas les moyens de vivre, comment peuvent-ils créer ? Un peu de provoc' entre parenthèses : les esclaves noirs d'Amérique ne jouissaient pas vraiment d'un grand confort ; on reconnaîtra qu'ils ont quand-même apporté quelque chose à la musique... comment sont nés le gospel, le blues, le jazz ? (je referme la parenthèse). La véritable question est : comment faire vivre les artistes ? Le système des droits d'auteur est un pis aller qui engendre plus de conservatisme que de créativité. Ne pourrait-on concevoir autre chose ? La nationalisation de la musique, par exemple, puisque, par la création musicale, nous servons la collectivité... et nous serions tous de petits fonctionnaires... non, je plaisante, camarades. Mais il est parfois question dans les milieux politiques alternatifs d'une allocation universelle de vie qui pourrait être allouée à tout citoyen quelle que soit son activité... Les richesses créées dans le monde le permettraient, simple redistribution, et chacun serait libre, gratuitement, d'exercer les activités de son choix, y compris la musique (sans obligation de travailler, resterait-on inactif ? peu probable). Utopie, oui, mais je préfèrerais me battre pour cela plutôt que pour défendre la pratique très contestable des droits d'auteur. Je ne vis pas de ma musique, sans doute parce que je n'ai pas "réussi" à entrer dans le système (je diffuse mes auto-productions gratuitement autour de moi), mais aussi par choix : je veux faire ma musique comme je l'entends, et sans me plier aux "contraintes du marché". J'aimerais me libérer d'un boulot alimentaire qui m'empêche de me consacrer autant que je le voudrais à la musique, mais si un jour je trouve des opportunités dans l'industrie du disque, je ne suis pas sûr de m'en réjouir, ni même d'accepter... Sigo
Hello Qq lignes de réflexion sur un sujet bien chaud :-) Certains d'entres vous se sont peut être posé la question du progrès social au sens 'large' du terme, la question de savoir si tout être humain est digne de vivre "inscrit" dans un systeme avec ce qu'il a de positif , avec aussi avec ses aberrations bien sur .. Mais notre propos n'est pas de refaire le monde n'est ce pas :-)...sans doute faudrait il une autre liste pour cela :-)) Ce qui est inquietant au détour de quelques propos, c'est que l'on voit avec effroi poindre le mythe de "l'artiste maudit" qui a la vie bien dur :-( A y réfléchir, l'artiste vit dans un type de société X ou Y - La notre par exemple, peut donner bcp d'argent a Zidane ou autre joueur, elle en donnait bcp à Senna jusque au moment ou il s'est explosé contre la rembarde..pendant que d'autres crèvent la dalle... C'est bien ou pas bien ..je ne sais pas et c'est plutôt un combat 'global de societé', que de changer qq chose la dedans et pas que celui des artistes en particulier...qui sont aussi la pour faire rever..d'autant qu'il existe tj un créneau dit "chanteur engagé' totalement respectable ..ou l'on peut après tout gérer sa carrière à sa guise...répartissant les éventuels profits à qui l'on veut ...de son poisson rouge à la pire des multi nationales :-)....sa s'appelle la liberte ;-) et c'est pas si mal que ca... Mais de la à dire que le rapport à l'argent et la création est suspect, il y a un pas qui est franchit bien souvent ici comme ailleurs.. Suspect pourquoi au fond ????? qu'est ce qui fait que l'on soit si mal a l'aise dans ce' rapport' ???? .....est ce que c'est moi - ou vous bien sur :-)) qui suis mal à l'aise le jour de la répartition en pensant à Goldman, est ce que c'est Golman qui est mal a l'aise en pensant à moi ou a vous ?? :-))) ou est ce que Goldman et moi somment mal a l'aise en pensant à des gens que nous connaissons, et qui -selon nous ;-) - n'ont pas assez d'argent pour vivre....d'ailleurs, pensons nous-vous vraiment que ces gens aient besoins d'argent pour vivre ???? à lire certains propos sur la liste...j'en doute....:-))) - (je vous rassure..Moi je pense que tout le monde a besoin d'argent pour vivre..) Nous pourrions niveler tout ca en terme de profit....c'est tentant.....certains pays l'on fait...avec le résultat que l'on sait.... Alors je me dis que le droit d'auteur, parfois complexe, parfois mal repartit, souvent mal perçu par le public -et nous y sommes pour qq chose si nous l'attaquons sans cesse me semble t il ..ou pire si nous ne le défendons pas qd nécessaire- est un droit qui n'est pas si mauvais que ca.. Il faut l'améliorer, améliorer les sociétés d'auteur , les faire évoluer etc ..mais une chose est certaine...a prôner d'une façon utopique et irresponsable le mythe de l'artiste maudit et le non respect de l'oeuvre ....on fait reculer le peut de progrès acquit pour les créateurs dans cette société parfois si dure... On peut bien sur ne pas adhérer à ce droit, ou à ces sociétés d'auteurs, ..mais alors il faut savoir qu'au delà des sociétés et de ces droits...c'est une jungle invraisemblable...qu'a mon avis peu d'entres vous ont pratiqué réellement....sauf en rêve ...peut être :-)))))))))) bien a vous tous Bernard COQUELET PS : Petite question ...pensez vous sincèrement que des artistes qui vont offrir leur création a Napster..n'ont rien d'autre à vendre par ailleurs ;-)...et surtout imaginez vous sérieusement un seul instant qu'il n'y ait "aucun marketing derrière tout cela ????? ...n'oubliez pas que les américains sont vraiment "tres" en avance dans tout ces domaines la...et que se démarquer de cette façon ....c'est pas vraiment nouveau ...pour ceux qui ont vu passer qq modes "baba cool" les recettes sont très peu différentes ..mais elles sont plus maintenant plus performantes et les US ont des années lumière d'avance sur nous en ce qui concerne les pratiques 'on line PS2 Pardon de citer Goldman..ca aurait pu etre qq d'autre...pourvu qu'il soit parmi les qq élus qui ont un retour de droit important...d'ailleurs..c'est bien vrai ..que sait on des moyens qu'il remet en jeux ????
Re, Encore un p'tit coup d'actu bien actuelle !! ;-) "PIRATAGE : Une perte de 4,6 milliards de $US d'ici 2005 Champion des études prospectives, Forrester Reasearch prévoit que les industries du livre et du disque perdront 4,6 milliards de $US à cause du piratage des oeuvres d'ici 2005. Selon Forrester, la chasse au contenu, et notamment à la musique gratuite en ligne, ne s'arrêtera pas, même si Napster perd son procès. " par Martin Jouanneau © Internet Actu 19/9/2000 http://www.forrester.com/ER/Press/Release/0,1769,397,FF.html Je vous conseil la lecture de l'article a l'adresse ci-dessus .... si vous lisez l'anglais. Un des points interessant de ce rapport, est qu'il predit un manque a gagner important dans les années a venir pour les majors, du fait de leur perte de controle sur la distribution musicale. Et de prevoir un grand transfert des revenus de la vente de musique vers ces petites structures. Selon le rapport, ce transfert sera de 1 milliard en faveur des musiciens, 1,3 milliards en faveur des auteurs, et 2,8 milliards vers les fournisseurs de services tiers, en 2005. A suivre.... JC
Bonjour a tous, Vu aujourd'hui sur : http://www.francemp3.com/qdm/leqdm000920/ "Offspring pactise avec Napster Rebellion de punks sur le web Les Offspring se font désormais les chantres de la Napster mania en proposant à leurs fans l'écoute gratuite de leur album "Conspiracy". Et en cherchant à démontrer le caractère inoffensif de l'activité napsterienne. Décidément, les Offspring ne sont pas au bout de leur punkitude. Il y a trois mois, ils alimentaient déjà la saga Napster et créaient l'événement en prenant le site communautaire à son propre jeu. Le groupe californien n'avait rien trouvé de plus cocasse que de vendre sur son site, www.offspring.com, des casquettes, des T-shirts et des autocollants à l'effigie de Napster. La réponse ne s'était pas faite attendre et le site créé par Shawn Fawning avait immédiatement exigé le retrait des objets promotionnels. Tout portait à croire que les relations Offspring/Napster s'envenimeraient et que le groupe de Dexter Holland rejoindrait le banc des adversaires du roi des pirates déjà occupé par Metallica, Dr Dre et Madonna. Et pourtant. C'est plutôt dans la tendance Courtney Love et Smashing Pumpkins que le groupe a décidé de se mouvoir. Le fondateur de Napster a même fini par considérer le groupe comme l'un de ses plus nobles défenseurs : "Les Offspring ont été de supers supporters de Napster". Par amour de la provocation et pour les beaux yeux du site décrié, les membres du groupe annonçaient en effet samedi leur désir de mettre leur album " Conspiracy " sur offspring.com. Et d'offrir à ses adorateurs de le télécharger gratuitement. Protecteur de la cause Napster, le punk band prône l'égalité devant la musique par la gratuité. A l'instar des Clash qui fixaient à une livre le prix des billets de leurs concerts, les Offspring reversent à leurs fans le profit des ventes de disques en les gratifiant à partir du 29 septembre de titres libres de droits. En conflit avec Sony qu'une telle générosité offusque, les Offspring proposent à ceux qui achèteront le CD d'accéder par un code à d'autres téléchargements privilégiés : "Nous avons décidé que nous allions créer un grand fan-club pour ceux de nos fans qui achètent en fait le CD. Le CD comporte une clé dans son supplément qui liste les membres de la Offspring nation, notre fan club". Le groupe veut ainsi faire la preuve que la gratuité des titres sur le net ne porte aucunement préjudice au commerce du CD. Et abonder dans le sens de Napster en en illustrant l'argumentaire. Pour cette nouvelle génération de mutins, le web donne l'occasion de saboter les " idées reçues " (respect des droits d'auteurs, notion de propriété intellectuelle) et de déclarer la musique " propriété collective " en l'affranchissant de ses droits. Le leader du groupe est convaincu de raviver ainsi l'esprit originel du rock : " C'est l'esprit de la musique ; c'est l'esprit du rock & roll. Plus de personnes sont conviées à la fête. Pas moins. ". Mais, si la mise à disposition gratuite d'œuvres musicales sur le net constitue une violation des droits d'auteurs, faudrait-il en déduire un goût prononcé des Offsprings pour le viol consentant ? Ou faut-il plutôt en conclure que le vrai punk is not dead ? " Sophie Blandinières ---------------------------- Cela vous inspire t-il quelques commentaires ? Quant a moi "...l'égalité devant la musique par la gratuité...", je trouve que c'est une belle idée. Mais je me demande comment ils vont s'y prendre pour continuer a vivre de leur activité musicale ? Si tout doit etre gratuit en musique, ils n'ont qu'a faire *que* des concerts gratuits aussi !! ;-) Alors....réelle ethique ou grand bluff supplementaire tout plein de demagogie histoire de se faire de la pub, de brosser les fans dans le sens du poil ? Car je comprends que des artistes ayant deja fait une carriere internationnale et vendu des millions de CD soit a même de pouvoir "donner" pour un temps leur production musicale. Mais je ne vois pas en quoi c'est "punk" cette affaire ! ;-) Si c'etait leur premier album, et qu'ils n'aient pas un sous en poche, alors la, oui, ce serait "punk" !!! "...faire la preuve que la gratuité des titres sur le net ne porte aucunement préjudice au commerce du CD...." Effectivement, comme je le disais hier, plusieurs rapport et etudes sembles montrer que les gens qui "piratent" de la musique sur le net ont une consomation de CD plus importante qu'avant. Mais cela va t-il durer ? Ces pratiquent sont toutes neuves, et les gens sont encore amoureux du support CD, materiel... mais pour combien de temps encore ? Avec l'arrivée prochaine de nouvelles connections et haut debits de transfert sur le Net, et quand il n'y aura plus que des generations qui seront nées avec le Net, je ne suis pas sur que le desir de posseder le support CD soit encore a l'ordre du jour.... "....déclarer la musique " propriété collective " en l'affranchissant de ses droits...." Encore une fois, il faudra bien d'une facon ou d'une autre, que les auteurs et artistes soient remunérés, non ? A bientot, JC
> Quant a moi "...l'égalité devant la musique par la gratuité...", >je trouve que c'est une belle idée. C'est un peu utopique, du moins pour la gratuité totale. Je pense que ce n'est même pas souhaitable, les musiciens travaillant ont droit à une remuneration. La difficulté c'est de trouver un "juste prix". 150 f pour certains cds, pour moi ca equivaut au budget d'une semaine de bouffe. Donc je me generais pas pour copier... Par contre quand je vois des cds destockés à 20-40 balles, je les achete... > Alors....réelle ethique ou grand bluff supplementaire tout >plein de demagogie histoire de se faire de la pub, de brosser >les fans dans le sens du poil ? Mmmh...je pencherais pour la 2cde possibilité Mesa
> De : "D e e p s o u n d" "...faire la preuve que la gratuité des titres sur le net ne porte > aucunement préjudice au commerce du CD...." > Effectivement, comme je le disais hier, plusieurs rapport et etudes sembles > montrer que les gens qui "piratent" de la musique sur le net ont une > consomation de CD plus importante qu'avant. c'est normal, les napsteristes sont + impliques ds la musique, sortent voir des concerts... etc. & puis prenons un exemple fictif : sur un m-l, quelqu'un me conseille un nouveau groupe... je recupere son album sur napster, j'aime bien. ils passent en concert, je vais les voir... AU final, ce groupe est gagnant: si je n'avais pas recuperer leur cd sur napster, je n'aurais pas ete les voir. Et en plus, je risque d'acheter leur prochain album. Surtout si celui-ci a un bel artwork > Avec l'arrivée prochaine de nouvelles connections et haut debits de > transfert sur le Net, et quand il n'y aura plus que des generations qui > seront nées avec le Net, je ne suis pas sur que le desir de posseder le > support CD soit encore a l'ordre du jour.... C'est effectivement le risque. & pour dans quelques annees, quand il faudra qques minutes pour recuperer un album entier + la pochette (enfin, des scans)... ca risque de se gater. mais de toutes facons, meme si on arretait ts les napster ou autres, on pourrait tjs s'envoyer les titres par email par exemple... Sinon, un bouquin vient sortir: la creation multimedia, par Gallot le Lorier & Varet, collection pratique du droit chez Economica. Tire du dos du livre: Cet ouvrage vise a fournir les reflexes juridiques essentiels aussi bien pour la realisation que pour l'exploitation de toute oeuvre multimedia: Comment la creer sans risque? Comment la proteger des Deepsound* les plus habiles? Comment, enfin, organiser son exploitation? Les auteurs de ce livre, tout en apportant des solutions pratiques, marquent aussi leur souci de nourrir la reflexion, là où notre droit devra tres rapidement evoluer * : pardon, des pirates ;-) Excuse moi JC, mais vu la discussion que tu viens d'avoir... (je suis par ailleurs d'accord avec toi) Michael Korchia
> je me pose une question : un artiste doit-il être un rentier ? Qu'il tire ses revenus de >ses droits d'auteur ou qu'il soit salarié d'une grosse compagnie, qu'est-ce que tout >cela a à voir avec la création ? Pas d'accord. Pourquoi la creation devrait elle etre gratuite? l'artiste travaille, non? il doit acheter du matos, parfois suivre des formations... L'artiste est un peu comme un artisan, et il a donc droit à remuneration. >Une oeuvre d'art appartient-elle à son créateur ? Certainement, non. La musique, plus > particulièrement, appartient à tout le monde. On verra la tête que tu fera quand ton morceau sera repris et denaturé sans ton autorisation ;-) > est parfois question dans les milieux politiques alternatifs d'une allocation >universelle de vie qui pourrait être allouée à tout citoyen quelle que soit son >activité... Ca peut marcher que si le monde entier l'accepte...faut pas rever... Mesa
Salut François, a tous, Philzsongbook ecrivait: >> quand a avoir un "vrai" métier, je dis que ca n'empeche pas de faire de la >> musique. ca ne simplifie pas les choses, certes, mais ca n'est pas non >> plus un empechement majeur. >> si tu es vraiment musicien tu fais de la musique, le mieux que tu peux, >> salarié ou non. Francois Peyrony repondait : >Encore une fois, c'est un choix de vie. >Il m'arrive parfois de regretter d'avoir fait de la musique mon unique >source de revenus. >Essaie juste de comprendre que le choix n'est pas si simple. Devenir >compositeur professionnel, c'est aussi renoncer à une part certaine de >liberté dans tes créations, parce que tu n'es plus le seul commanditaire de >ta musique. >Et justement, si l'argent est une donnée importante du système, c'est que >c'est une manière de regagner cette liberté perdue : >- parce que tu peux refuser des projets >- parce que tu peux compléter sur tes deniers le budget que des productions >frileuses ne t'accordent pas >- parce que tu peux, sur des petits projets sans argent, travailler >gratuitement - etc. Je comprends ce que dis Phil, quant au fait qu'on peut tout a fait faire de la musique en amateur (il y a "aimer" dans amateur....). Je pense aussi cela. La musique n'a pas, par essence, besoin d'etre remunerée pour etre de la bonne musique. Et je suis sur qu'il y a partout de tres tres bon musiciens, artistes, compositeurs qui font de la musique. Cependant, je comprends tout aussi l'argumentaire de François ! A partir du moment où on aime la musique, qu'on aime en faire, en composer, que c'est une passion, et on est, a priori, poussé a en faire notre activité principale, non ? Il me semble coherent, dans la vie, d'aller vers ce qu'on aime faire le plus, non ? Et si on choisit de faire de la musique notre activité principale, il est tout aussi coherent, je dirais même plus, obligatoire, de chercher a en vivre financierement. Contraintes spatio-temporelles oblige. ;-) >On est plein à ne pas penser qu'au fric ! >Artistes, producteurs, journalistes, 90 % font ça par passion, plus que par >cupidité ! Heu ... La je suis pas si sur. Combien d'artistes font de la musique par souci de reconnaissance, besoin d'etre aimé, desir mégalomaniaque, pour l'argent et la gloriole, plus que par vrai amour de la musique en soi ? Ca me rappelle ce que me disait une amie a propos du desequilibre entre les artistes et le public. Lors de concerts, elle me disait que lors de l'echange "donner-recevoir" qui s'etablit entre l'artiste et le public, dans la majorité des cas, cet echange etait de loin en faveur de l'artiste, alors que ceux-ci (les artistes) continuent a se faire croire et faire croire aux autres qu'ils "donnent" au public. Beaucoup d'artistes sont la pour "prendre" ( de l'argent, de la gloire, de la reconnaissance, de l'amour, de l'admiration, instaurer une dependance affective etc...) plutot que "donner", selon moi. En fait dans la plupart des cas, le centre de leur activité, c'est eux-mêmes, pas la musique !! ;-) Quant aux productions qui feraient a 90% leur metier par passion.... ce n'est pas mon avis, ni ce que mon experience m'a montré dans le domaine. Ce sont des business-men prèt a *tout* pour gagner de l'argent et du pouvoir. Ils mentent, ils manipulent, en se cachant derriere une facade de bonté artistique ! ;-) A bientot, JC
Dans un courrier daté du 22/09/00 11:06:54, vous avez écrit : >Lors de concerts, elle me disait que lors de l'echange "donner-recevoir" qui >s'etablit entre l'artiste et le public, dans la majorité des cas, cet >echange etait de loin en faveur de l'artiste, alors que ceux-ci (les >artistes) continuent a se faire croire et faire croire aux autres qu'ils >"donnent" au public. >Beaucoup d'artistes sont la pour "prendre" ( de l'argent, de la gloire, de >la reconnaissance, de l'amour, de l'admiration, instaurer une dependance >affective etc...) plutot que "donner", selon moi. >En fait dans la plupart des cas, le centre de leur activité, c'est >eux-mêmes, pas la musique !! ;-) Hello C'est vrai en partie...je tempererai cependant en disant ..que si le cul et l'argent font marcher la planete :-)))) ...la musique aussi :-)))))...a voir ce qu'elle declanche comme passion ...c'est un reel besoin, de la chanson a l"oeuvre classique ..en passant par le chant des pygmés...les artistes donnent -avec en partie les reserves que tu emets bien sur ;-) //mais le publique demande et prend...D'ailleurs si ca marche depuis si longtemps comme ca...:-) c'est que c'est un fondement bien ancré dans l'humanite... Mais vous la voulez vraiment parfaite l'humanite ???....êtes vous sur que c'est un debat d'auteur compositeur editeur ????...enfin je me demande... ;-)..et est ce que tout cela enleve qq chose a la qualite de ce que nous aimons pronfondement en matiere artistique ???? Bien a vous Bernard COQUELET
Salut à tous ! Quelques réactions sur le mail de : > [...] Introduire un grain de sable dans la belle mécanique de ces gens qui > contrôlent de plus en plus étroitement nos vies est même assez sain. Le téléchargement de mp3 via Napster comme action révolutionnaire et revendicative ? Là, je trouve ça, pour le moins, d'une naïveté confondante... > [...] un artiste doit-il être un rentier ? Qu'il tire ses revenus de ses > droits d'auteur ou qu'il soit salarié d'une grosse compagnie, qu'est-ce que > tout cela a à voir avec la création ? Connaissez-vous l'historique de la Sacem ? Ca se passe à la fin du siècle dernier. Un petit groupe de potes compositeurs, boivent tranquillement lors d'un genre de thé dansant. Soudain, l'un d'eux entend l'orchestre jouer une de ses compositions. Quand vient le moment de payer l'addition, ce compositeur refuse de la payer, arguant du fait qu'il l'a déjà payée en autorisant l'orchestre à jouer sa musique. Et vu le tollé, ils decident de fonder la Sacem. Le principe de la rémunération du droit d'auteur est parfaitement décrit dans cette histoire. Le propriétaire du thé dansant gagne sa vie de bistrottier grâce à la musique. Il est parfaitement légitime que l'auteur de la musique soit intéressé à l'affaire. Notons autre chose de très important -pour moi, de fondamental dans ma vision 'morale' du métier- : à quelques exeptions près, le droit d'auteur est rémunéré non pas au forfait, mais au pourcentage. C'est donc, contrairement à ce qu'on nous fait croire, une rémunération *très* équitable. Ca n'a donc rien d'une "rente". > L'activité créatrice ne devrait-elle pas, par essence, être gratuite ? Elle l'est. Mais ce n'est pas nous, artistes, qui avons inventé l'argent. L'activité de cultivateur de légume devrait, elle aussi être gratuite. En effet, quoi de plus beau que de nourrir son prochain ? Il ne faut tout de même pas oublier que le droit d'auteur, dans son principe, a été inventé pour corriger une inégalité ! *Pas* pour créer un privilège !! > Mais il est parfois question dans les milieux politiques alternatifs d'une > allocation universelle de vie qui pourrait être allouée à tout citoyen quelle > que soit son activité... [...] Utopie, oui, mais je préfèrerais me battre pour > cela plutôt que pour défendre la pratique très contestable des droits > d'auteur. Comment te convaincre que ce n'est pas une pratique *très* contestable ? Qu'on puisse l'améliorer, certes. Qu'il y ait des excès, certes. Mais, d'une certaine manière, le droit d'auteur est *exactement* l'allocation de vie dont tu parles... > Je ne vis pas de ma musique, sans doute parce que je n'ai pas "réussi" à > entrer dans le système (je diffuse mes auto-productions gratuitement autour de > moi), mais aussi par choix : je veux faire ma musique comme je l'entends, et > sans me plier aux "contraintes du marché". Le plus drôle (?), dans cette discussion, c'est de voir que les attaques sur le droit d'auteur proviennent plus de l'intérieur du milieu musical que de l'extérieur... Moi non plus, je n'ai pas "réussi" à rentrer dans le "système". Il se trouve juste qu'à un moment donné, le choix m'a été proposé ; si tu penses que c'est une décision simple à prendre... > J'aimerais me libérer d'un boulot alimentaire qui m'empêche de me consacrer > autant que je le voudrais à la musique, mais si un jour je trouve des > opportunités dans l'industrie du disque, je ne suis pas sûr de m'en réjouir, > ni même d'accepter... Tout à fait d'accord, encore une fois, c'est une question de choix. Bien à vous tous ! -- Francois Peyrony
Salut à tous ! Michael Korchia a écrit: > & puis prenons un exemple fictif : sur un m-l, quelqu'un me conseille un > nouveau groupe... je recupere son album sur napster, j'aime bien. ils passent > en concert, je vais les voir... Au final, ce groupe est gagnant: si je n'avais > pas recuperé leur cd sur napster, je n'aurais pas ete les voir. Et en plus, > je risque d'acheter leur prochain album. Surtout si celui-ci a un bel artwork Il est formidable ton argument, si on le décortiques ! La musique, ou plutôt la Musique, ne serait donc qu'un support gratuit permettant de vendre du visuel : tu dis "les *voir*", tu parles d'un "bel *artwork*"... Alors, d'après toi, les graphistes ont le droit de vendre leurs oeuvres, mais pas les musiciens ? Quant à ta phrase "je *risque* d'acheter leur prochain album"... Sans parler du risque, (attention les gars, je vais faire quelque chose de trèèèès dangeureux, je vais acheter un disque !), te rends-tu compte de ce que tu dis ? C'est *cet* album que tu as récupéré (doux euphémisme...) chez Napster que tu devrais acheter, pas le *prochain* !!!!!! Je vole une pomme, et, si elle est bonne, je prendrai peut-être le risque d'en acheter une autre la prochaine fois (si j'aime encore les pommes)... Non, rien à dire, c'est formidable... F. Peyrony, un peu énervé..
Dans un courrier daté du 23/09/00 12:10:26, vous avez écrit : >> & puis prenons un exemple fictif : sur un m-l, quelqu'un me conseille un >> nouveau groupe... je recupere son album sur napster, j'aime bien. ils >>passent en concert, je vais les voir... Au final, ce groupe est gagnant: >>si je n'avais pas recuperé leur cd sur napster, je n'aurais pas ete >>les voir. Et en plus, je risque d'acheter leur prochain album. >>Surtout si celui-ci a un bel artwork Hello Je vous precise que de plus en plus de club a New York baissent les salaires des mucisines, voir les suppriment..pretexant que le passage fait la promo de leurs enregistrements.... Les realites sont parfois durs pour les artistes....:-)))) bien a vous tous Bernard COQUELET
Salut et dilection à tous. Suite à mon petit message Jean Christophe écrivait récemment des choses que je vais reprendre juste après la petite explication qui me semble nécessaire. Il est vrai que j'ai pris un peu de travers son message trop généraliste, pour des raisons très simple. Quand je suis arrivé, je me suis présenté, expliquant que j'étais flûtiste depuis 27 ans, clarinetiste (très mauvais) depuis peu par goût soudain, compositeur-poète sans avenir et que j'avais monté une petite unité de production, sans autre précision. J'ajoute aujourd'hui que j'ai exercé pendant 26 ans exactement un *vrai* métier qui permet de manger à peu près à sa faim tous les jours. j'étais ingénieur en électronique, finalement spécialisé dans le TNS. J'ai été pendant 11 ans chef d'entreprise, et puis un beau jour pas très éloigné, l'inutilité de toute cette vie m'est apparue comme une évidence et j'ai tout "balancé" par la fenêtre. Au propre comme au figuré. Un fou quoi, surtout à mon âge, comme me l'a dit quelqu'un d'ici qui me connaît un peu "en dehors". Aujourd'hui, je dépense le peu d'argent que j'ai pour permettre à quelques artistes de se faire connaître, leur donner la possibilité, aussi minime soit-elle, de "faire un disque" avec leurs meilleures prestations, leur offrir une chance d'aller dans les bacs des disquaires, autrement dit de peut être un jour cesser de courir le cachet de bars en mariages et de club des vieux en rencontres amicales des anciens combattants. Jusqu'à présent, j'ai dépensé de l'argent sans envisager, malgré mon passé de "patron", de retour sur investissement fabuleux, et surtout sans étrangler le moins du monde qui que ce soit. Je précise que je ne demande de façon contractuelle et uniforme, que 33% du bénéfice NET retiré des ventes. Habitués, faites le calcul de ce que ça peut représenter, surtout avec des Jazzmen pour qui on peut s'estimer très satisfait quand 1000 disques ont été vendus. Ça ne paye pas les frais d'enregistrement... J'ai donc été un peu estomaqué de lire ce petit paragraphe, parce que je connais d'autres olibrius qui, comme moi, *investissent* de l'argent, le nerf de la guerre, dans des productions en sachant parfaitement qu'elles ne feront pas leur fortune. Ils le font parce qu'ils estiment que face aux circuits prédigérés des très grandes maisons de disque, il est naturel de pouvoir diffuser de véritables talents, ceux qui écrivent et jouent des musiques consistantes, pour lesquelles il est nécessaire d'écouter, seulement écouter mais attentivement, pour se faire véritablement plaisir. C'est un choix. A coups de millions, avec du bon matériel, un gros sac de maquillage et beaucoup de persuasion, on peut bombarder n'importe quelle paire de fesses vedette de l'année, ou plus souvent du mois. Ce n'est pas mon choix, quand bien même j'en eu les moyens, préférant aux insipides déshabillés les hardes de ceux qui savent ce que galérer veut dire. C'est que voyez-vous, j'aime *la* musique et aussi très souvent ceux qui la font... plus que l'argent. Bien entendu, chacun est libre de me croire ou non. J'ai la conscience parfaitement tranquille sur ce sujet, comme bon nombre de *petits* producteurs qui ne voient pas que du matériel commercial dans les gens qu'ils soutiennent. Qu'il ya ait des dérives chez ceux qui s'imaginent que *c'est arrivé*, c'est possible. On connaît tous des gens qui, à leur premier million, foncent s'acheter la dernière voiture à la mode... J'ajoute que je vous lis depuis que je suis inscrit à cette ML avec beaucoup de plaisir, et que souvent les informations que j'y vois sont très intéressantes, même si elles ne sont pas toujours en accord avec ce que je rencontre tant auprès de la SACEM que de la SDRM. Mais sachant que des "habitudes" locales existent, notamment pour la SACEM, je ne trouve rien à dire. D'autant que je suis putôt timide, habituellement. Par contre, avec le paragraphe suivant de Jean christophe, je suis bien obligé, hélas, d'être en harmonie. >Ceci dit, il me semble quasi-indeniable que 2 ou 3 sociétés trans-nationales >ont le monopole de production mondiale et qu'a cette echelle, je maintiens >tout a fait mon propos : ce sont des "gens" avides de pouvoir et d'argent, >et pour eux, la fin justifie les moyens. Mais peut-on leur reprocher de créer le besoin chez les auditeurs, quitte à vendre du potage à la louche ? Ils ne sont finalement que le reflet d'une société de consommation qui magnifie celui qui gagne beaucoup d'argent, l'élevant au parangon de la réussite, et qui crache sur les poètes, les compositeurs, les artistes "compliqués" comme s'ils n'étaient que d'inutiles parasites vivant aux crochets de la communauté. L'époque est bien triste qui enterre dans l'oubli ceux qui, à une certaine époque pourtant, étaient qualifiés de " Maîtres "... Mais une chose est sûre cependant: ces grandes boutiques créent un sillage qu'il serait bien dommage de ne pas utiliser; A nous de trouver comment. Bien à vous tous, Cordialement, Orlando.
Salut à tous, J'avais écrit :" je me pose une question : un artiste doit-il être un rentier ? Qu'il tire ses revenus de ses droits d'auteur ou qu'il soit salarié d'une grosse compagnie, qu'est-ce que tout cela a à voir avec la création ?" "French Dread aka Mesa" a écrit> > Pas d'accord. Pourquoi la creation devrait elle etre gratuite? l'artiste > travaille, non? il doit acheter du matos, parfois suivre des formations... > L'artiste est un peu comme un artisan, et il a donc droit à remuneration. Certes. Je ne nie pas que l'artiste soit un "travailleur" comme tout le monde. Mais la question "politique" que je me pose (puis-je me le permettre ici ?) est : ne peut-on remettre en cause l'idée que "tout travail mérite salaire", et à travers elle l'idée que tout salaire ne doit venir que du travail ? Cela peut sembler utopique, mais la question ne mérite-t-elle pas d'être posée ? Il serait peut-être sain, aussi, de réaffirmer que l'on peut "travailler" pour soi, par passion, par idéal, pour un épanouissement personnel, et pas seulement pour gagner sa croûte. Peu de gens ont la chance de gagner leur vie grâce à une activité qui les épanouit vraiment. A partir de là, nombreux sont également les gens qui n'accordent aucune valeur à une activité qui ne serait pas salariée. Je dis cela aussi pour les musiciens : combien de ceux qui "vivent" de leur musique s'épanouissent vraiment dans leur "art" ? Je connais quelques "prolétaires" de la musique qui ne m'ont pas l'air super heureux dans leur activité... mais je ne voudrais pas généraliser... > Je disais aussi : "Une oeuvre d'art appartient-elle à son créateur ? Certainement, non. La musique, plus particulièrement, appartient à tout le monde." > "French Dread aka Mesa" a écrit : On verra la tête que tu fera quand ton morceau sera repris et denaturé sans ton autorisation ;-) Là, je maintiens ce que j'ai dit : dans n'importe quel art, l'oeuvre appartient autant et peut-être plus, selon moi, à celui qui en jouit qu'à celui qui l'a faite. Je n'aimerais pas, bien sûr, qu'un requin me "vole" un morceau et s'en mette plein les poches avec. Quoique... Qu'un type s'attribue "mon oeuvre" et en tire fierté ne me ferait pas plaisir, parce que ce serait un mensonge. Qu'il en tire profit, après tout, tant mieux pour lui... L'argent qu'il gagnerait, est-ce que je comptais dessus ? Peut-être même serais-je personnellement flatté que "mon oeuvre" attire l'attention, même si je n'en tire aucun profit (je saurais bien, moi, qui est le véritable auteur). Et puis, si je me fais "piquer" un morceau, bon ben, j'en fais un autre et pis c'est tout. Enfin, si quelqu'un utilise ("dénature" si tu veux) une de mes créations pour faire autre chose, où est le problème ? Je maintiens que je ne considère pas être "propriétaire" de ma musique. J'aimerais bien sûr qu'on reconnaisse ma contribution, mais je ne réclame pas le droit (divin) de contrôle total, fixé une fois pour toute, sur ce que j'ai produit. Que la loi impose par exemple à un "emprunteur" de nommer sa source, je trouve ça à la limite normal, mais pourquoi soumettre toute utilisation d'oeuvre à autorisation et rétribution ? Si je dis "j'aime la musique" comme disait Duschmoll, vais-je devoir demander l'autorisation à Duschmoll pour lui emprunter sa phrase ? Pourquoi alors doit-on demander une autorisation pour utiliser par exemple des samples (technique devenue aujourd'hui un instrument à part entière) ? J'ai entendu dire que quelqu'un comme MCSolaar qui utilisait autrefois sans autorisation des samples divers refuse aujourd'hui d'être lui-même samplé. Je ne sais pas si c'est vrai, mais ce serait le comble de l'hypocrisie ! Quant à moi, je ne refuserai jamais à personne le droit de se servir de ce que j'ai fait. "La musique s'améliore, le sens des notes y participe, le plagiat est nécessaire, le progrès l'implique..." : Citation détournée d'un auteur connu... quelqu'un va-t-il me dénoncer ? (un cd gratos à celui ou celle qui reconnaît l'auteur) > J'ai écrit : "il est parfois question dans les milieux politiques alternatifs d'une allocation universelle de vie qui pourrait être allouée à tout citoyen quelle que soit son activité..." > "French Dread aka Mesa" a écrit : Ca peut marcher que si le monde entier l'accepte...faut pas rever... Désolé, j'essaie, mais je peux pas m'en empêcher, de rêver. Dans mon sommeil, en musique, ou en écrivant... C'est mal, docteur ? amicalement, Sigo
Salut à tous, pour ma part, l'affaire Napster est un faux débat (excusez moi les gars !). Certes il n'est pas raisonnable de louer ce genre de plagia, mais il me semble que le vrai problème est avant tout un problème pécuniaire. Je m'explique. En effet, ce qui fait l'interret de ces téléchargement c'est avant tout son coût (la com téléphone pour ceux qui paye : 14 cts la min en heure creuse). Quant au prix d'un CD, vous le connaissez tous. Or vous savez également que sur ce prix, les coûts de fabrication et ce qui revient aux artistes constituent une faible partie du prix total. Pour exemple, qui, possédant un graveur de CD à la maison ou au boulot, n'a jamais fait de copies pirates (Audio ou CD-ROM). Je ne connais personne dans ce cas, et je suis sur que François, dont les intentions sont d'une honneteté sans conteste, s'il en possède un, s'est déjà certainement laissez tenter. Ainsi, d'après moi (ce qui est très relatif !!), personne n'a raison (ni Napster, ni les éditeurs musicaux). La démocratisation d'Internet nécessite une redéfinition complète des règles commerciales et donc celles du commerce artistique. Espérons que celle-ci ira dans une meilleure redistribution des droits et, dans les intérêts de chacun. Pour ce qui est de l'argument de Michael Korchia, les maisons de disques te permettent déjà ça, car tu peux écouter des extraits directement en ligne et donc te faire une idée sans "posséder". Brice
helllllllo, >Michael Korchia a écrit: >> & puis prenons un exemple fictif : sur un m-l, quelqu'un me conseille un >> nouveau groupe... je recupere son album sur napster, j'aime bien. ils passent >> en concert, je vais les voir... Au final, ce groupe est gagnant: si je n'avais >> pas recuperé leur cd sur napster, je n'aurais pas ete les voir. Et en plus, >> je risque d'acheter leur prochain album. Surtout si celui-ci a un bel artwork >!!! >Il est formidable ton argument, si on le décortiques ! merci ;-) bon, je voudrais quand meme dire que je n'ai pas napster (d'ailleurs, j'ai encore un modem...) >La musique, ou plutôt la Musique, ne serait donc qu'un support gratuit >permettant de vendre du visuel : tu dis "les *voir*", tu parles d'un "bel *artwork*"... >Alors, d'après toi, les graphistes ont le droit de vendre leurs oeuvres, >mais pas les musiciens ? tss tss... Ce que je dis, c'est que napster m'a permis de decouvrir un groupe dont je n'aurais sinon jamais entendu parler... ou dont j'aurais entendu parler, mais jamais entendu! Donc grace a napster, je decouvre un groupe... qu'ensuite je vais aimer, donc aller voir en concert, etc... si il n'y avait pas eu napster, je ne les aurais pas entendu par ailleurs, j'espere que les groupes vont faire plus d'efforts dans le design de leurs disques pour apporter un plus par rapport aux contrefacons (mp3 ou cd copies). comme l'a dit quelqu'un ici, un livret, un digipack, un travail au nivea udes materiaux, etc., sont incopiables. prenons maintenant un exemple reel: quand j'avais 18 ans environ, dans les annees... ouaouh, j'ai decouvert le velvet underground & lou reed en empruntant des disques a la mediatheque, & en me les copiant sur k7 (le napster de l'epoque, quoi). je n'avais jamais entendu le velvet, seulement lu que c'etait tres bien. les premieres ecoutes n'ont pas ete faciles, donc si je n'avais pas copie ces titres sur k7 (ce qui est illegal), je n'aurais jamais aime ce groupe. Quand j'ai eu un peu d'argent, je me suis offert l'integrale du velvet & les meilleurs moments (& pas que les meilleurs d'ailleurs) du lou. & pis j'ai vu le velvet en concert quand ils sont passes a l'olympia, & aussi lou pls fois & egalement maureen tucker (la batteuse). Donc mes copies illegales de leurs oeuvres leur ont fait gagner plein de brouzoufs! aujourd'hui, je vois par des amis ayant le cable que la meme chose se produit: ils decouvrent des groupes grace a napster, & quand ca leur plait vraiment, ils achetent ensuite les cd & vont au concert quand ca leur plait pas, et ben tant pis. >Quant à ta phrase "je *risque* d'acheter leur prochain album"... >Sans parler du risque, (attention les gars, je vais faire quelque chose de >trèèèès dangeureux, je vais acheter un disque !), te rends-tu compte de ce que tu dis ? oui, oui, merci, j'ai ete a l'ecole, je me comprends a peu pres quand j'ecris (meme si il m'arive, comme tous, d'ecrire des betises... mais pas la) >C'est *cet* album que tu as récupéré (doux euphémisme...) chez Napster que >tu devrais acheter, pas le *prochain* !!!!!! voir + haut. & meme si je n'achete QUE le prochain, c'est deja mieux que rien. >Je vole une pomme, et, si elle est bonne, je prendrai peut-être le risque >d'en acheter une autre la prochaine fois (si j'aime encore les pommes)... faux. je rappelle que comme quelqu'un l'a deja dit sur une des listes liees a celle-ci, le vol c'est la soustraction de bien a autrui. ce qui n'est pas le cas ici >Non, rien à dire, c'est formidable... merci! >F. Peyrony, un peu énervé..., y faut pas: ca va te faire des aigreurs d'estomac! Michael Korchia
>De : "Brice MARTIN" >Ainsi, d'après moi (ce qui est très relatif !!), personne n'a raison (ni >Napster, ni les éditeurs musicaux). La démocratisation d'Internet nécessite >une redéfinition complète des règles commerciales et donc celles du commerce >artistique. Espérons que celle-ci ira dans une meilleure redistribution des >droits et, dans les intérêts de chacun. rien a redire. >Pour ce qui est de l'argument de Michael Korchia, les maisons de disques te >permettent déjà ça, car tu peux écouter des extraits directement en ligne et >donc te faire une idée sans "posséder". ben... pas toutes les maisons de disques, loin de la! & recuperer un titre sur napster, a ce que l'on ma dit, est nettement + facile. & comme je l'ai dit ds mon dernier mail, il faut souvent plus d'une ecoute pour se faire une idee (d'autant + que je suppose que les titres mis en ligne par les labels ne sont en fait que des extraits) Michael Korchia
"H'all Musiques.com" a ecrit : >Moi personnellement je n'ai jamais surfé sur Napster Moi non plus >Mais à l'époque des K7 j'ai obtenu d'un ami une K7 recopiée de "Pink Floyd" pour moi à >l'époque ça a été la découverte de ce groupe. Ce "piratage" car pas copie privée) m'a >donné l'envie d'acheter le suivant et à présent j'ai tout leur album mais en version CD Bien sûr... Mais à l'époque de la fameuse K7 "inventée" par Phillips en 1967, il y avait des taxes à payer (d'où le prix prohibitif des K7) et qui étaient (théoriquement) reversées aux auteurs-compositeurs... Je crois que c'est la SPEDIDAM qui gère ça, mais je peux me tromper... Il y a d'ailleurs eu je crois un scandale à ce propos révélé par l'excellentissime "Canard Enchaîné"... D'un autre côté, tu as raison, mais je crois que la radio remplit cet office... Tu écoutes, tu aimes, tu achètes... Le côté Napster, ou même sans parler de Napster de tous les gens qui sont inscrits dans des bibliothèques communales et qui pour 3 frs le CD louent jusqu'à 6 CD, les gravent à la maison, et pour 18 frs, ils ont 6 albums... Un scanner en prime et c'est la totale... C'est assez Kafkaien comme problème... Le CD (140 balles) est trop cher...Ceux qui n'ont pas les moyens sont directement exclus de ce qui se passe au niveau musical. Les radios dont je parlais tout à l'heure... Ils sont "obligés" de parler pendant le morceau pour éviter les enregistrements pirates trop "parfaits"....Qui ne s'est jamais arraché les cheveux lorsque, au moment où va commencer le fabuleux solo de "Hotel California", un mec te hurle dans les feuilles "EEEhhHHHH oui, ç'étttaaaiiit BiiiieeEEn Ssssûr Hootttell CCCCaliffforrrniiiiiiIIa !!!!". Scandaleux. Une taxe (qui est en cours) sur les CD vierges pénaliseront ceux qui se servent du CD comme archivage informatique... Un CD devrait coûter 70 balles tout au plus... Pour 140 balles, tu as des gens qui te vendent une galette avec un morceau de papier et 12 titres dessus... Scandaleux !... A côté de ça, tu as des gens comme Cabrel ou Sheller qui t'offrent pour le même prix un livret superbe (ce qu'a du coûter le livret du CD de Cabrel, celui de la 'corrida", j'en ai parlé avec un pote imprimeur, là, tu ne te sens pas "volé"). Alors oui, bien sûr, ils "ont" les moyens... D'autres les ont aussi mais ne le font pas... Mais bon, ce que j'en dis...Mais là on s'égare de l'esprit de la liste... Sorry ;-) Ciao Emma
Salut ! Emmanuel COLOMBIER écrivait le 26/09/00 18:43 : D'un autre côté, tu as raison, mais je crois que la radio remplit cet office... Tu écoutes, tu aimes, tu achètes... Mouaif, sauf que les radios ciblent en général un public plutôt "commercialisable". Si tu cherches des musiques un peu marginales (dans le sens où justement elles sont peu diffusées car pas "à la mode"), ce ne sont pas ces radios qui vont remplir le rôle que tu décris plus hauts. A plouche, Daino
Je suis votre discussion depuis le début Il est vrai que vous ne lisez pas de trop de mes messages parce que j'apprend énormément en vous lisant et peut-être aussi parce que je suis un peu timide ! En reprenant un peu votre discussion : 1) la question de morale et d'éthique : un problème philosophique qui va mettre en avant les référants des personnes un peu comme les goûts et les couleurs. Pour pouvoir gérér cela il faut passer par des règles (Malheureusement) :O(. Je m'explique une personne qui a une tendance à avoir un caratère un peu plus communautaire va mettre en avant ses propres arguments fac à une personne qui va faire prévaloir ses revenus !! 2) En ce qui concerne les producteurs : Pour les gros ils rentrent dans un contexte économique presque rationnel. Un artiste va être intéressant à un moment donné mais une perte à un autre il faut suivre le move ! Personnellement je n'apprécie pas ce type de dinosaures qui te peuvent te dire :"Je vais te propulser !!" et autre jour dire "Tu n'est plus dans la lignée musicale!". Dans ce type de relation, "l'humain" n'intervient pas beaucoup ! ou alors c'est une valeur sûre ! (RARISSIME). Là nous voyons des grosses structure telle que les majors. 3) Les petites productions sont plus en clin à effectuer des CD par des coups de coeurs ! les relations sont plus "humaines" et souvent comme le dit Orlando ce n'est pas un retour sur investissements qu'on attend. C'est souvent là que l'on remarque des artistes qui vaudrait le coup d'être pris en charge par des Majors. Mais souvent la loi du Marché n'est pas au rendez-vous. En fin de compte, les majors ont pour seul but de satisfaire le marché. 4) En ce qui concerne les voleurs de pommes et le phénomène Napster il y a deux poids deux mesures. Pour des grands déjà "arrivés" cela peut-être un manque à gagner (surtout pour les maison de disques :O)). Mais pour les petits mêmes enregistrés à la SACEM c'est un vecteur de promotion très intérressant ! (AVIS PERSONNEL). En ce qui concerne les personnes qui pompent un CD sur Napster et qui apprécient et enfin vont voir le concert et après achètent l'autre CD . Je pense que OK c'est du vol ! Mais le CD d'après c'est une vente sûre et les produits qui tournent autour du groupe tel que le merchandising ou encore les concerts, une partie revient à l'artistes (sur les précisions je ne les connais pas si on peut m'éclairé!!). Moi personnellement je n'ai jamais surfé sur Napster Mais à l'époque des K7 j'ai obtenu d'un ami une K7 recopiée de "Pink Floyd" pour moi à l'époque ça a été la découverte de ce groupe. Ce "piratage" (car pas copie privée) m'a donné l'envie d'acheter le suivant et à présent j'ai tout leur album mais en version CD j'achète les versions remasterisée ! je suis devenu un inconditionnel. Maintenant je recherche aussi un son une qualité, un bonus track sur un CD. Je pense que cet artiste à certainement récupérer son petit manque sur mon pirate. La logique est simple : Souvent il faut savoir offrir pour que après on puisse récupérer plus !! C'est une des logique qui est en train de se mettre en place avec l'internet. Pour moi Les grandes maisons devraient rechercher d'autres support ou une qualité en plus pour être encore en avance par rapport auxirates et à ce moment là ils risqueraient moins pour leur Bénéfices !!! Je vous remercient de votre écoute et j'attends vos réactions (C'était un peu long ! Non ???) Stephane
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