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Il y a quelques temps, nous avons entamé un débat sur la liste de discussion
Saceml, qui a
généré pas mal d'emails. De grandes et importantes questions sont soulevées par les apparitions
de plus en plus fréquentes dans le milieu des créateurs et des utilisateurs de musique, de logiciels informatiques,
de programmes générateurs automatiques de mélodies aléatoires.
En effet, quelle sont les limites, juridiques, morales, éthiques, pour que l'utilisateur
de tels logiciels puisse revendiquer comme siennes, les mélodies ainsi produites ? S'il suffit d'appuyer sur un bouton,
de cliquer sur un icône, pour générer des milliards de mélodies,
est-ce une condition suffisante
pour accéder au statut d'auteur vis à vis de la loi, de la SACEM, de
l'éthique ?
Qui peut ainsi revendiquer la paternité de ces oeuvres aléatoires ? Celui qui
appuie sur le bouton ? Celui qui a acheté le logiciel ? Celui qui l'a créé ? Le programme informatique
lui-même ? Cela peut faire sourire, mais quand on sait que Midal, un de ces générateurs, peut à lui
seul générer 2 milliards de thêmes, de mélodies
différentes, et que cela représenterait 95,5 % du répertoire de la SACEM ...
on sourit plutôt jaune ! Et encore bien plus jaune quand on sait que depuis le 13 juin 2000, date de la
dernière assemblée générale de la SACEM, il est possible pour tous, et pour tous
les genres de musique, de déposer ses oeuvres sous forme de fichiers audios, MIDI, informatiques ... !!
Que dit la loi et le Code de la Propriété Intellectuelle à ce sujet ?
Qu'en dit la SACEM ?
Qu'en disent les dévelopeurs de ces logiciels ? Qu'en dites-vous, compositeurs de musique ? Et vous, les
mélomanes et les diffuseurs ? Le débat est lançé !
Et puis au-delà, je trouve que ça pose la question simple, mais combien complexe,
de savoir ce qu'est la création ! C'est presque un débat philosophique, spirituel au sens de "fonctionement
de l'esprit de l'homme"... et esprit au sens de ... ce que l'on veut, que l'on ai une conception "spirituelle" ou "neuronale"
de l'esprit humain. Que se passe t-il en moi quand "je" créé ? Suis-je d'ailleurs réellement
créateur, quand je compose ou écrit un texte ? Voilà, je vous propose donc d'ouvrir
également ce débat
, au delà du juridique, sur les aspects "métaphysiques" de l'acte de création musical !! ;-)
Rendez-vous au Forum !!
Sachez aussi que nous avons soumis nos questionnements à la SACEM, quant à
leur positionement vis à vis du possible dépôt en masse d'oeuvres générées
par de tels logiciels et que nous attendons toujours leur réponse.
Cliquez ici pour voir les questions que
nous leur avons posées.
Il y a quelques jours j'ai contacté René-Louis Baron,
l'inventeur de Midal. Il m'a autorisé à
reproduire notre échange de mail, dans le but de fournir de l'information pour faire avançer le débat.
Qu'il en soit ici remercié.
J'ai écrit une petit article sur le sujet :
L'Homme, la musique, la machine, l'esprit et la SACEM, que je vous invite à
aller lire !
Il y a aussi un Forum, ouvert à tous. N'hesitez pas
à contribuer, donner votre avis, et répondre à ceux qui ont déjà
laissés des messages sur ce sujet.
René-Louis Baron a également mis à notre disposition un document trés
intéressant, un rapport de 13 pages produit par quatre étudiants
en DESS de droit du numérique et des nouvelles techniques de la faculté Jean Monnet de Sceaux,
promotion 1999/2000
, dont le sujet est :
Les oeuvres générées par ordinateur. C'est assez exhaustif sur
la législation en cours en France et
dans d'autres pays (anglo-saxons notamment), et une remarquable entrée en matière (bien que parfois
assez touffu pour un non-juriste comme moi ! ;-)
Jean-Christophe Lemay - Webmaster et gestionnaire de la mailing liste Saceml, le 23/07/2000.
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