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Bonjour,

Je ne vais que brièvement répèter
les arguments à l'encontre de cette taxe
(car c'en est bien une, nonobstant
les gesticulations pseudolégalistes de
Mme le ministre -- consultez n'importe
quelle dictionnaire franco-français
pour vous en convaincre), pour en
introduire de nouveaux, qui, je crois,
n'ont pas été encore envisagés.

1. Cette taxe est inique.
Elle frappe des usages qui ne la justifient
pas:sauvegarde, 'piratage'
de propriété intellectuelle non musicale, création
personnelle (photo numérique,
compositions personnelles), transfert de
données (graphiste -> imprimeur),
logiciels libres.

2. Cette taxe est obscure.
Tout simplement, on ne sait pas à qui elle va,
les organismes la récoltant échappent
au contrôle de la cour des
comptes. Inacceptable.

3. Cette taxe légitime le 'piratage'.

4. Cette taxe prend au peuple pour
donner aux riches, puisqu'elle semble
être reversée au prorata des ventes.
Permettez-moi d'ignorer les 25%
reversés aux 'jeunes auteurs' --
par cette logique, j'imagine que le
vol est pardonnable à condition
que l'on reverse 25% à une oeuvre
charitable.



La critique que je formule est
la suivante: de quel droit, suivant quelle
philosophie l'état se doit-il de
garantir des revenus hypothétiquement
perdus aux 'auteurs'? De plus,
en quoi les auteurs d'oeuvres musicales
sont-ils plus respectables que les
auteurs d'oeuvres numériques en
général? (Photographes, programmeurs,
plasticiens, graphistes,
typographes ...)

On nous dit que cette taxe vise à
compenser les pertes de revenus dûs à la
copie privée.

... QUELLES PERTES?

Ces revenus n'existent pas; ils sont
purement imaginaires. Si la copie
privée était illégale, les ventes de
disque augmenteraient-elles?
Permettez-moi d'en douter! 

Mais on a vu que cette notion de
copie privée était notablement
malhonnête; il s'agit bien de
'piratage' que l'on veut indemniser.

De ce point de vue, les 'majors'
du disque employent la même mauvaise foi
que LA 'major' du logiciel, la
société condamnée pour abus de position
dominante: Microsoft. Microsoft
a l'habitude de publier des chiffres
astronomiques quand aux pertes
dûes au piratage. 

Pour obtenir ce nombre, elle fait
un calcul simple, ou plutôt,
simpliste: nombre de copies pirates
en circulation multipliées par prix de
vente du logiciel.

Cette perte est-elle réelle?
Non, car elle implique une condition
complètement impossible: que
les 'pirates' aient une somme d'argent
disponible quasi-infinie. En
gros, l'adolescent avec sa pile de CD
'piratés' aurait-il jamais acheté
Microsoft Word, Windows 2000 Server
Professional Deluxe Special Edition? 

On en doute très fortement.

Notez bien que je ne nie pas
l'impact que peut avoir le 'piratage' sur le
'business model' des sociétés
de logiciels propriétaire. Je remets
simplement en question la perte
théorique qu'ils affirment devoir
supporter, et ce, par un ordre
de grandeur de 1 à 100 au minimum.

De la même façon, les pertes
prétendument dûes au 'piratage' dans
l'industrie du disque doivent
subir la même analyse critique. Le
consommateur moyen s'est-il abstenu
d'acheter tel ou tel création
parcequ'il pouvait l'obtenir par des
moyens illicites? De quelle quantité
totale d'argent les fans de Michel
'Peine de mort' Sardou pour acheter son
intégrale plaquée or avec un stylo
souvenir offert?

J'ai un revenu correct, je sais
utiliser Internet puisque c'est mon
mêtier, et pourtant! je préfère
acheter les disques que j'aime dans le
commerce plutôt que de me prendre
la tête sur Napster, malgré le prix
exorbitant de ceux-ci. Plus rapide,
plus pratique, plus beau. 

Ceux qui ont moins d'argent que
moi sont-ils donc les coupables?
Auraient-ils dû se passer de sauce
bolognaise sur leur ration de pâte
pour rémunérer Britney 'Silicon' Spears
comme il se devait? 

Permettez-moi d'en douter.

PS:
Les méfaits de cette taxe par l'exemple.

Un ami DJ, qui n'est pas assez connu
pour profiter des reversement de la
SACEM and co., vend à vil prix ses
compos enregistrées sur CDR,
principalement pour se faire connaître.
Là, il devra en plus financer un
systême qui ne veut pas de lui.

Pour la fête de l'Internet, des nerds
fans de Linux en avaient gravé des
centaines de CD qu'ils donnaient, à
leurs frais, pour promouvoir
l'informatique libre. Maintenant ils
devront en plus financer le big
business?

Question subsidiaire: s'il est légal
pour les chanteurs de variét' de
droite d'habiter en Suisse pour éviter
de financer le RMI, la sécu et les
caisses de retraites, comment se fait-il
que nous devions leur financer
leurs châlets au pied des pistes
et le sans plomb de leurs Rolls?

-- 
Nicolas MONNET , 
Informaticien,
Photographe amateur et numérique

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